22 août 2024

Fête du Coeur immaculé de Marie

 

 

Nous célébrons aujourd’hui le Cœur Immaculé de Marie. Pardonnez-moi d’être une nouvelle fois déplaisant. « Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé » et encore : « Mon Fils veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Alors, on aura la paix. A ceux qui embrassent cette dévotion, je promets le salut.» Avez-vous l’impression que l’on travaille dans l’Église à l’établissement dans le monde de la dévotion au Cœur immaculé de Marie ? Pour la paix ? Pour le salut ? Peut-être connaissez-vous cet épisode de l’Enfant que Lucie découragée croise au jardin, y reconnaissant l’Enfant Jésus, je ne me rappelle plus les détails : elle lui explique qu’ils ne veulent pas et que voilà. Alors il lui dit : Et toi ? Que fais-tu ? Alors d’expliquer qu’elle a demandé à son directeur spirituel d’aller voir le Saint Père, mais elle n’y peut rien.. Alors il lui dit : alors ils auront une deuxième guerre, pire que la première. Et Marie à Lucie : mon Cœur immaculé sera ton refuge.

« Ah, n’oublions pas l’Ukraine martyrisée ».. et nous ne faisons rien des pratiques de cette dévotion au Cœur immaculé pour avoir la paix ; en revanche, nous prenons bien soin de nous afficher devant les caméras avec les représentants des fausses religions. Mais comment peut-on se moquer de Dieu à ce point, en ces jours terribles où nous sommes ? Il l’a pourtant expliqué pendant la deuxième guerre mondiale à Valtorta : je veux que l’on glorifie ma Mère comme on me glorifie, et que son Cœur immaculé soit honoré avec le mien, et on n’aura la paix que par là ; c’est pour cela que j’ai donné l’oeuvre, l’Evangile tel qu’il m’a été révélé, entre autres raisons. Moi, j’étais suffisamment connu par les Evangiles, mais elle, non : on en parlait très peu et mal ; je voulais que l’on connaisse mieux ce qu’elle est. Ainsi mon Sacré Cœur et son Cœur immaculé, seraient vénérés pour ainsi dire comme un seul Cœur. Et nous opposons à Dieu notre misérable théologie : restons sérieux, entre le Créateur et la créature, fût-ce Marie dont il s’agit, il y a un abîme ; il ne saurait être question de cela.

Réfléchissons une seconde, si vous le voulez bien. Le Sacré Cœur de Jésus est le Cœur de la Deuxième Personne de la Trinité, le Verbe ; c’est son Cœur humain, créé à l’instant de son Incarnation, avec son Corps et son Âme, sa Sainte Humanité, non pas DANS la Vierge Marie, comme on jetterait une enveloppe en gardant la lettre, mais DE la Vierge Marie, la chair de sa chair et nourri par son sang. Pensons au parallèle des Pères de l’Église Nouvel Adam et Nouvelle Eve pour le Christ et Marie, cette fois c’est la chair de ma chair et les os de mes os. D’autant que le Sacré Cœur de Jésus, dans la grâce d’Union à la Personne du Verbe dès le premier instant, est uni au Cœur de Marie qui est immaculé, nous dit le dogme, par une grâce venant déjà de la Croix de son Fils ; l’un et l’autre étant unis, explique encore le dogme, dans un unique décret de prédestination avant la création du monde. De sorte que le Cœur du Christ reçoit dès le premier instant, en plus de la grâce d’Union au Verbe, l’Onction de la plénitude de l’Esprit Saint et toutes les grâces qui lui permettront d’être effectivement le Cœur du Fils bien-aimé, du Rédempteur, du Christ et Souverain Prêtre, Tête de l’Église et Chef de l’Humanité sauvée ; plénitude de grâce qui se communique instantanément au Cœur immaculé de Marie, pour qu’elle soit effectivement la Mère de Dieu, et bientôt Mère de l’Église et Mère des hommes sauvés dans les douleurs d’un enfantement qui fait d’elle la Reine des Martyrs par le glaive de Douleur au pied de la Croix de son Fils, comme on vient de le dire.

C’est ainsi que les deux Cœurs n’en font qu’un aussi par le fait que l’un et l’autre sont intégralement dédiés à l’accomplissement de la volonté de Dieu, et comme fondus l’un dans l’autre et l’un par l’autre et l’un pour l’autre en ce même Amour de Dieu qui est l’Unité de l’Esprit. On s’en émerveille bien pour les premiers Chrétiens à la suite des Actes des Apôtres par deux fois, n’ayant qu’un cœur et qu’une âme dans l’Esprit Saint, et on le récuse pour Jésus Christ et la Mère de Dieu ?!.. Où sont donc les pratiques de la dévotion au Cœur immaculé de Marie pour avoir la paix ? Et le chapelet quotidien ? Et la dévotion aux cinq premiers Samedis du mois ? Non pas seulement au premier Samedi du mois, de saint Pie X, comme Jean Paul II qui allait tous les premiers Samedis du mois réciter en personne le chapelet à Radio Vatican ; mais cinq mois d’affilée, en réparation des cinq types d’offenses au Cœur immaculé de Marie, tel que demandé par Notre Dame à Fatima ?

Tout de même, direz-vous, il a fait la consécration de la Russie, et de l’Ukraine.. Ce qui est dire deux fois Russie ; mais sans se référer aux demandes de Fatima, contrairement aux évêques ukrainiens dans leur supplique. Quoi qu’il en soit : voyez-vous que la Russie se soit convertie depuis ? Mais nous sommes en guerre contre elle ! Nos canons César, vainqueurs de Mossoul en Irak, qui ont été livrés en Ukraine, ne servent pas à protéger les terres ukrainiennes vendues aux américains, mais à attaquer dans la profondeur le territoire russe : et lorsqu’ils sont détruits, malgré les camions qui les portent et leur permettent de s’esquiver en quelques secondes, les servants des pièces, qui sont déchiquetés, sont des français. L’usine d’armement qui les produit est à moins de 200 km d’ici : cela suffira-t-il à nous garder en paix ? La Terre Sainte, elle, est carrément plus loin. Nos frères aînés dans la foi.. la Synagogue de Satan comme l’appelle l’Apocalypse, y déverse des armes fournies par nous, sur des populations entières : et il n’y aurait pas de retour ?

Prendrons-nous enfin conscience des enjeux véritables de notre pauvre vie chrétienne ; allons-nous finalement prendre en compte le prix de notre docilité envers Dieu ?

basclergeensabots

01 août 2024

GUERRE DES MESSES : ASSEZ !


      22/02/2022 Ukraine

      07/10/2023 Terre Sainte

« Et moi, pendant ce temps-là, j’tournais la manivelle.. »

      04/03/2024 Versailles, Congrès ; 09/03/2024 Paris, Place de la République, fête

      09/06/2024 Union Européenne, Elections au Parlement

      09/06/2024 France, dissolution de l’Assemblée Nationale

« Et moi, pendant ce temps-là, j’tournais la manivelle.. »

      30/06/2024 France, premier tour des Législatives anticipées

      Front républicain

      07/07/2024 France, deuxième tour des Législatives anticipées

      Démission du gouvernement qui gère les affaires courantes

« Et moi, pendant ce temps-là, j’tournais la manivelle.. »

      20/07/2024 Pontcalec, Lettre des fidèles aux mères prieure et sous-prieure

      25/07/2024 Pontcalec, Communiqué de l’institut

      26/07/2024 Paris, ouverture des JO 2024

      27/07/2024 Communiqué de la CEF ; réactions diverses

« Et moi, pendant ce temps-là..Attention : retour de manivelle ! »

 

GUERRE DES MESSES : ASSEZ !

(traduction libre de l’italien  « bastardi, basta ! »

Cela suffit de tout embrouiller et de jouer les petits chefs.

Premièrement. La Messe promulguée par saint Pie V à perpétuité, est également protégée par l’indignation de Dieu Tout-Puissant et des saints Pierre et Paul contre qui prétendrait l’interdire ou s’y opposer. Cette question ne se pose donc plus en ce monde et se réglera au tribunal du Christ.

Deuxièmement. La Messe promulguée par saint Paul VI est d’une totale adaptabilité pour permettre aux fidèles d’y vivre leur foi au mieux. Tout y est au choix prudent du pasteur et des fidèles qui y participent : la langue, les lectures, les oraisons, le calendrier, les attitudes, les monitions et prières ; y compris, évidemment, sa version précédente.

On ne dispose donc pas de la messe de S. Pie V comme de celle de S. Paul VI ; on ne réglemente pas la messe de S. Paul VI comme est codifiée celle de S. Pie V. Arrêtons de tout mélanger. Les expressions « forme ordinaire » et « forme extraordinaire » ayant été supprimées, il suffit d’appeler les choses par leur nom pour que chacun s’y retrouve : « la messe promulguée par S. Pie V à perpétuité » et « la messe promulguée par S. Paul VI après Vatican II ».

Ne me remerciez pas. C’est tout surnaturel.

 

Et maintenant, on va pouvoir se consacrer de nouveau au mandat apostolique : « Tout pouvoir m’a été donné au Ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples. Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Apprenez-leur à observer mes commandements. Et moi Je Suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28).

« Quant à moi, pendant ce temps-là, j’tournerai la manivelle.. »

Basclergeensabots


Cadre théologique de l'Eschatologie

Neuf chroniques à Radio Espérance sur le livre de Florian Boucansaud

Es-tu prêt? Il revient! (2020)


 

 Pourquoi le livre de Florian Boucansaud « es-tu prêt ? Il revient », est-il certainement un outil que la Providence de Dieu ne dédaigne pas d'utiliser ?

Tout d'abord, parce que en disant très simplement ce qu'il pense du Retour du Christ, il renvoie chacun d'entre nous à ce que nous mêmes nous en pensons ; et généralement, à l'indigence de nos réflexions sur ce thème pourtant majeur de l'espérance chrétienne.

Ensuite, parce qu'il a l'intérêt de rassembler, si l'on peut dire, toute la documentation : tous les textes importants de l'Ecriture, de la Tradition, du Magistère, mais aussi des révélations privées, qu'il passe au crible de son ressenti sous le regard du Seigneur, et dans la répercussion des énormes signaux qui nous viennent actuellement du monde.

Enfin et surtout, parce qu'il expose avec simplicité, l'absolue certitude qu'il est la sienne, que les événements de la Fin comporteront une période significative de paix universelle, de profond renouveau spirituel, que l'on pourra appeler le Royaume de Jésus-Christ sur la terre ; manifestant sa présence au milieu des siens, et attirant à son Cœur la multitude des nations. Cette modalité qui ne sera pas encore le Jugement dernier, il la voit comme un peu analogue à ce que les disciples ont vécu avec le Seigneur, pendant les quarante jours entre la Résurrection du Christ et l’Ascension : une présence par intermittence, plus ou moins latente ou évidente, culminant dans les sacrements et l’Eucharistie ; Présence par laquelle il les familiarise déjà à la vie avec Dieu, promise pour l'éternité, et les prépare à la suite et la fin des Evénements.

Et donc pour ma part, j'ai voulu donner le cadre général de l'Eschatologie, théologiquement sûr, dans lequel je reçois tout ce qu'il dit, pour me permettre à moi-même ainsi qu'à tous ceux qui ont écouté les quelques chroniques que j'ai faites sur Radio Espérance et ici reprises en un seul entretien, de savoir qu'en réfléchissant aux nombreux thèmes qu'il aborde, on n'est pas dans un champ de sables mouvants, mais bien sur le rocher du mystère du Christ.

Et de fait : sur la chronologie des origines ; sur le mystère d'Israël ; sur l'entrée des Juifs dans l’Église ; sur l’apostasie généralisée ; sur la mort et la résurrection de l’Église ; sur le grand Avertissement ; sur les trois Jours de ténèbres ; sur l’antéchrist ; sur l’évangélisation universelle ; sur le relèvement de la France ; il faudrait prendre le temps de réfléchir pour se dire finalement devant ce que lui-même affirme : « moi, qu'est-ce que j'en pense ? » et étoffer ainsi, enrichir, comme il dit notre amoureuse attente de l'Avènement de Jésus-Christ.

Ce qui est l'inverse de tous les millénarismes ; car c'est bien la sécularisation ambiante qui empêche notre foi surnaturelle, de s'épanouir en joyeuse espérance et puissant engagement.

08 juillet 2024

Homélie de la Messe pour la France - 8 juillet A.D. 2024

 Tandis que nous célébrons la messe pour le pays où le Seigneur nous a donné d'habiter, le Christ par sa Parole nous rejoint directement dans ce que nous sommes en train de vivre: mon épouse infidèle je la mènerai au désert, je parlerai à son coeur, et elle m'aimera de nouveau comme au temps de sa jeunesse; et encore, à cette vieille femme souffrant d'hémorragie depuis tant d'années: ta foi t'a sauvée, te voici délivrée de ton mal. Mais ce qu'il nous faut enfin comprendre, c'est qu'il ne sert à rien de prier et de batailler, si l'on ne commence d'abord par faire pénitence: c'est-à-dire se convertir, répudier les errreurs que nous avons commises, dénoncer les mensonges dont nous avons été trop complices, nous détourner de ceux qui font le mal, et reprendre pied résolument sur le bon sens et la raison au titre de notre humanité, et rechercher la grâce du Christ parce que nous sommes catholiques.
De fait, après les derniers épisodes "politiques", on a envie de dire: tout çà pour çà! La magie noire du pouvoir a fonctionné à plein régime: "faire barrage", "les extrêmes" sont des mots magiques qui vitrifient la situation et plus personne ne peut rien faire. Pour contrer ces sortilèges, il aurait suffit de s'en tenir à un bilan objectif, la réalité des faits et non pas la fantasmagorie des paroles. Evoquons rapidement et pêle mêle: des milliards chaque année à un cabinet étranger qui double tous les ministères principaux; la fermeture de milliers de lits d'hôpitaux en pleine pandémie; 3000 milliards de dette, superbe gestion, en effet, continuons et avec les mêmes; et pour ce qui est de l'arrivée du fascisme, que sont donc ces dizaines de manifestants tabassés, nassés, gazés, éborgnés, mutilés? quand les seules violences venaient de groupuscules dont les véhicules qui les ont amenés sur place sont connus, et les rangs qui les ont infiltrés dans les cortèges, clairement identifiés.
Mais il faut aller plus loin et plus profond. "Liberté", que l'on voit sur le fronton des bâtiments officiels: qui serait contre? LA Liberté, donc.. Mais, donnée par l'Etat?.. Il faudrait donc dire merci?.. C'est troublant, carrément inquiétant! Nous y opposons LES libertés attachées à la dignité naturelle de nos personnes, que nous tenons de Dieu qui nous a créés à son image et ressemblance; et l'Etat n'a rien à voir en la matière, sinon de veiller à les respecter, et à les protéger le cas échéant. Citons simplement et pêle mêle: la liberté de se déplacer; la liberté de respirer (sans masque); la liberté de travailler (surtout quand on est soignant); la liberté de recevoir un juste salaire pour son travail, c'est-à-dire qui permette de nourrir sa famille sans que l'épouse soit obligée de travailler, si elle fait le choix de rester à la maison pour élever ses enfants; justement, la liberté d'éduquer ses enfants selon ses propres convictions; la liberté de donner l'instruction en famille si cela semble plus approprié, sans autre justification que l'autorité naturelle des parents sur leurs enfants; la liberté de rendre un culte au Créateur de tout bien puisque tout le monde sait bien qu'il existe; et la liberté de recevoir l'Evangile du Christ et les Sacrements qu'il a institués pour notre salut éternel, puisque nous sommes dans une France qui a été concrètement pétrie de catholicisme.
Car il faut finalement en venir au nœud de toute l'affaire, et le trancher une bonne fois, c'est le cas de le dire. Là encore, les faits, rien que les faits: 1500 ans d'ordre naturel et de droit divin, ont élevé la France au rang de première nation dans le monde, aimée, imitée, enviée, toujours respectée; 250 ans de désordre révolutionnaire et d'apostasie publique, dont le sinistre bilan s'étale à la face du monde, pour une France dont on se détourne, moquée, détestée, partout méprisée. Pour le dire avec cet apologue de l'Antiquité: quand Alexandre le Grand, couvert de gloire, vient se faire admirer de Diogène dans son tonneau, celui-ci, sans même se lever, fait un geste de la main en direction de celui-là et lui dit: écarte-toi de mon soleil! car il lui faisait de l'ombre.. Or, pire que Diogène, nous n'avons désormais même plus droit au temps du Bon Dieu; on nous a piqué notre soleil.
Mais Jésus Christ veut encore nous sauver, puisqu'il dit à la fin de l'évangile de ce jour: la France n'est pas morte, elle dort! Et s'il doit la secouer pour la réveiller, ainsi soit-il. Et encore : Notre ami Lazare s’est endormi ; mais je vais aller le réveiller ! Après quatre jours de putréfaction dans le tombeau...

basclegeensabots

23 juin 2024

Homélie du Dimanche XII dans l'Année - Ici s'arrêtera l'orgueil de tes flots

 

 

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Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots… Le Christ n'est plus connu de façon humaine ; le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est déjà né… Comment se fait-il que vous n'ayez pas encore la foi ?.. Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ?

Mes bien-chers frères, il est tout à fait primordial de prendre au pied de la lettre l'Evangile que nous venons d'entendre. Le Seigneur Jésus parle, commande, au vent et à la mer et ils lui obéissent. Le croyons-nous vraiment ? Oui, nous croyons, adossés au dogme qui définit le Mystère de l'Incarnation. Il est vrai Dieu et vrai homme, dans une seule Personne ; la nature humaine et la nature divine gardent leurs propriétés et agissent l'une avec l'autre ; la nature humaine étant l’instrument de sa divinité. Il commande donc au vent et à la mer avec sa bouche, de sa voix puissante et d'autorité ; et par la puissance de sa divinité, il s'impose aux éléments. C’est ce même Jésus, glorifié à sa Résurrection, qui s'est manifesté à ses Disciples, et désormais élevé dans la gloire à la droite du Père : d'où il viendra pour juger les vivants et les morts ; et son règne n'aura pas de fin. Vous avez reconnu le Credo..

Dans les circonstances exceptionnelles, il y a un éclairage exceptionnel des réalités ; et il nous faut en profiter. Les Législateurs, que nous avons vus il y a quelques semaines, rassemblés sous les ors de Versailles : il a suffit d'une phrase, en une soirée, pour qu'ils ne soient plus rien ! Dissouts… Alors que Celui qui a dit : tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre, allez donc ; dort sur le coussin. Pourquoi donc dort-il sur le coussin à l'arrière de la barque ? parce que on lui a fait comprendre qu'il gênerait les manœuvres. Le vent commence à se lever, la mer grossit, va donc sur le coussin. Nous sommes pêcheurs : la navigation, c'est nous. Le plus sidérant, d'ailleurs, c'est que, cette fameuse soirée, ceux qui venaient d'être dissouts, étaient tous derrière des micros et des caméras, à nous expliquer tout ce qu'ils allaient faire. Alors qu'on venait de dire : nous ne voulons plus de vous.

En vérité, Dimanches des dupes ; extrêmement violents. Dupes : pourquoi ? Parce que les chefs sont désignés après les élections.. Mais ils sont là avant, pour nous imposer d'abdiquer nos existences réelles, le poids que nous avons dans le bien commun : pères et mères de famille, prêtres, paysans, médecins, professeurs, chefs d’entreprise, ouvriers, capitaines d’industrie, commerçants.. en échange de papiers pré-imprimés, qu'il faut leur rendre. Ils ont déjà totalement le pouvoir, après avoir néantisé nos vies.

On peut alors, dans cette situation, constater que la politique commencée par Léon XIII, il y a presque 150 ans, n'a pas abouti à la christianisation de nos Institutions. Pareillement, la société ne se trouve pas évangélisée par une sorte d'osmose, comme le proposait, l'espérait, le concile Vatican II, il y a une soixantaine d'années. Mais plus près de nous, en 2002, un peu avant que ne finisse le pontificat titanesque de saint Jean-Paul II, la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque, en 2002, a publié une Lettre sur l'engagement des catholiques en politique : les fameux points non négociables, c'est-à-dire qu'on ne négocie pas, en 2002. Et donc, devant la conscience d'un catholique qui veut être cohérent avec sa foi, tous ceux qui se sont glorifiés le 4 mars de constitutionnaliser l'IVG, et ensuite fêté cela dans la rue le 9 mars, sont complètement disqualifiés ; sauf trente. Et si on passait outre à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il faudrait s'abstenir de communier jusqu'à ce qu'on se soit confessé, avec la contrition nécessaire.

Alors, est-ce qu'on réveille Jésus sur le coussin ou bien est-ce qu'on continue à être le Peuple souverain ? Car les mots de l'Evangile, je terminerai par là : au secours, Seigneur, nous périssons ! ont été prononcés dans le bureau de l'Élysée, lorsque Poincaré était président de la République, aux affaires… C'est une paysanne du Poitevin qui l'a ébranlé, elle a été reçue par lui, en lui rappelant : dans ce bureau, monsieur le Président, tel jour à telle heure, vous êtes tombé à genoux, vous rappelant votre première Communion, et vous avez dit : au secours, Seigneur, nous périssons. Les mots exacts du petit roi de Bourges qui se demandait s'il n'était pas un bâtard. Jeanne d’Arc vient le trouver : de par le Roi du ciel qui est aussi vrai roi de France, je vous informe que vous êtes le gentil Dauphin, etc. Donc Poincaré explique à la paysanne qu’il ne lui appartient pas de mettre le Sacré-Coeur sur le drapeau français : c'est la Chambre, vous comprenez. Elle reçoit de lui, cependant, la promesse que le lendemain il se rendra à la Chambre pour en parler aux Députés, et elle rentre dans sa campagne. Il n'en a pas parlé. Et quelques jours après, Claire Ferchaud, puisque c'est elle, lui envoie une lettre : monsieur le Président, vous n'avez pas tenu votre promesse ; vous avez reculé devant des lâches, et vous ne considérez pas le Dieu qui a son éternité pour punir !

Voilà à peu près, sans fard, les données du problème dans lequel nous nous trouvons. A chacun, en effet, de se tourner vers le Seigneur : au secours, nous périssons ! Mais lorsque après 1918, on fait remarquer à Claire Ferchaud : victoire.. sans le Sacré-Coeur ! elle répond, grave et attristée : non, pas victoire ; armistice ; armistice seulement.

24 mars 2024

Deuxième Dimanche de la Passion & des Rameaux - Loublande

 

 

Mes bien chers Frères,

Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils. Dans la Somme théologique, saint Thomas d’Aquin s’interroge : si le Père livre son Fils, comment le Christ peut-il se livrer lui-même, comme il l’atteste dans l’Evangile ? « Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui l’a donne, tel est le Commandement que j’ai reçu de mon Père. » Il répond alors à la question: en lui commandant, le Père lui a infusé la charité. C’est donc l’âme enflammée d’amour que Jésus s’est livré lui-même, et de tout son Cœur broyé à cause de nos péchés : « ils étaient à toi et tu me les as donnés ; pour eux je me consacre moi-même, afin qu’eux aussi soient sanctifiés. » Dès lors, le Père parfaitement satisfait par un amour égal au sien dans le Cœur du Christ, le même Amour qui vient de lui, ne voit plus nos péchés !

Si ce n’était pas le cas, continue saint Thomas, alors les bourreaux auraient été les vrais prêtres du sacrifice. Alors qu’au contraire, en réalité, ils ont commis les péchés les plus immenses. Avec, par ordre de gravité croissante :

- les soldats romains : ils obéissaient aux ordres. Mais cela ne les exonère pas de leur responsabilité personnelle, car on a toujours le choix ;

- Ponce Pilate : il ne voulait pas déplaire à César ;

- le peuple, qui par la fantasmagorie du suffrage universel : choisit Barabbas et repousse Jésus. Ce même peuple qui de nos jours revendique férocement son élection, alors que nous venons d’entendre la terrifiante sentence sur ses propres lèvres : « que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » ;

- l’assemblée, et les sages.. d’Israël ;

- le grand prêtre Caïphe ;

- et au sommet de la pyramide : Judas Iscariote, l’un des Douze.

Pour mieux comprendre ce mystère de l’iniquité, nous pouvons prendre l’analogie avec la communion eucharistique sacramentelle. Dans l’hymne Lauda Sion de la Fête-Dieu, le même saint Thomas a une strophe qui dit ceci : bons et méchants consomment le Sacrement pareillement, mais pour un sort si différend ; ceux-ci pour leur condamnation, tandis que ceux-là en nourrissent leur âme jusque dans la vie éternelle.

En ces jours où nous sentons bien que le grand partage de l’humanité est en route, faisons tout pour être comptés dans la part du Christ lorsqu’il se manifestera de plus en plus ; et qu’il commencera de venir peu à peu, ce qui prendra encore du temps avant la Fin : comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs, vrai Roi de France, Souverain Prêtre de la Messe perpétuelle, universelle Expiation. Soyons prêts à tout perdre, même la vie s’il le faut, pourvu que nous gardions la foi.