28 juin 2026

La Charte de Fontevrault et la Supplique à Dieu pour le retour du Roi, en pélerinage aux Rinfillières (06/07/2026)

 Repris du blog de la Charte de Fontevrault et du royalisme providentialiste



 

A tous les Pauvres pèlerins de la Supplique à Dieu pour le retour du Roi ,
A tous les Fontevristes et sympathisants,
A tous les Francs,
Mes chers amis,

Comme j’en avais annoncé le projet et la date à Pontmain le 17 juin dernier, et comme je l’annonce sur le Blogue de la Charte de Fontevrault par la présente, je vous confirme que le 6 juillet prochain aura lieu, pour ceux qui le voudront, et par leur propre moyen, le déplacement à Loublande (Deux-Sèvres) pour le pèlerinage sur les coteaux des Rinfillières, maison natale de Claire Ferchaud, à qui le Sacré-Cœur s’est adressé pour la France plusieurs fois au début du XXème siècle.
Pourquoi ce déplacement, et pourquoi maintenant ?

Pourquoi ce déplacement à Loublande ?
Pour correspondre à la promesse du Sacré-Cœur :
«  Quand je verrai dans ce lieu que J’ai spécialement choisi pour répandre Mon amour miséricordieux sur le monde, les foules à genoux et demander pardon, Mon Père fera grâce, et mon Cœur apparaîtra dans le triomphe de la paix sur une France régénérée. »,
et Lui répondre avec audace, après avoir fait amende honorable : « Coeur de Jésus, l’heure est venue : avancez, triomphez, régnez ! »

Pourquoi maintenant ?
Parce qu’en cette mi-année 2026, la France, concernée et nommée dans cette promesse, est dans un tel état de déliquescence et de pourriture qu’elle est sur le point de disparaître si le Sacré-Cœur n’intervient pas directement.

Si la Supplique à Dieu pour le retour du Roi a été consacrée au Cœur Immaculé de Marie (17-02-2026), mise sous la protection et la sauvegarde de Saint-joseph (17-05-2026) et consacrée au Sacré-Cœur (17-06-2026), la Charte de Fontevrault n’avait pas encore reçu ces grâces.
Ce sera chose faite le 6 juillet prochain sur les coteaux des Rinfillières où les trois prières seront récitées au cours du Salut du Saint-Sacrement.

Alors, en ce 6 juillet 2026, la Charte de Fontevrault (organe temporel du royalisme providentialiste), et la Supplique (son organe spirituel) seront liées dans leur respective distinction primitive.

L’esprit du déplacement :
C’est l’esprit de la préparation préliminaire de cette visite aux Rinfillières, et l’esprit de son accomplissement par chacun.
Cet esprit est la compréhension et la pleine adhésion au but que nous voulons atteindre en faisant passer la Charte et la Supplique par Loublande :
La démarche est l’action expiatoire et réparatrice au Sacré-Cœur de Jésus à l’emplacement qu’Il s’est choisi et comme Il le veut !
Ni plus, ni moins !

Surtout pas plus ! N’imitons pas Saül et son zèle superflu, et offensant parce que désobéissant.

Nous allons à Loublande en 2026 devant le Roi de France, le Sacré-Cœur, comme les bourgeois de Calais se sont présentés en 1347 à Edouard III roi d’Angleterre, en simple chemise, les pieds nus, la corde au cou, pour lui donner les clés de la ville et lui permettre d’y entrer et en avoir pleine possession.
Nous, nous y allons les mains vides, terriblement vides, sinon gonflées de nos péchés et de ceux du pays.
SURTOUT SANS RIEN D’AUTRE !

Ne nous chargeons pas plus, nous en sommes incapables… nos fautes et manquements, notre propre délaissement et celui de la France envers le Sacré-Cœur suffisent amplement !

Edouard III a exigé pareilles expiation et réparation après une année de siège de la ville de Calais.
Le Sacré-Cœur fait le siège de notre propre cœur depuis notre naissance, et le siège de la France depuis 235 ans.

Si j’ai écrit dans un sonnet : « Car une fois encor Tolbiac est à Pontmain », je peux rajouter :

« Adoncques cette fois Calais est à Loublande !
Et dans le même esprit, dans nos simples atours,
Autour du cou l'étole de l’honorable amende,
Allons au Roi Jésus, montons jusqu’à sa cour,
De nos cœurs présenter les clés à Sa demande,
Et de la France offrir celles pour Son retour. »

Les bourgeois de Calais ont été sauvés de la peine capitale par l’intercession de la reine d’Angleterre Philippa de Hainaut…
Nous, nous serons sauvés de la 2ème mort, et la France de la destruction, par l’intercession de la Reine de France Marie Immaculée !

Chouandecoeur

 

Lu sur le blog de la Charte de Fontevrault - Sur la profession de Foi catholique de la FSSPX (24/06/2026)

 


M. l'Aumônier de la Charte a posté sur le blog, une réaction à la publication par la FSSPX de sa profession de foi catholique. Le titre en était:

Un coup du Maître - ou Le point final de la crise dite conciliaire

La crise est "dite conciliaire" parce qu'on a fait porter le chapeau au Concile Vatican II depuis cinquante ans ainsi qu'à la question liturgique qui a suivi : on ne prête qu'aux riches, et ici on n'accable d'indigence que les misérables. Mais en réalité, comme on le disait souvent sans en tirer les conséquences, la crise était celle de la foi dans l'Eglise, rien de moins. Il devenait difficile de ne pas s'en rendre compte. Il est désormais impossible de faire comme si de rien n'était. Car il n'y a plus de crise, sinon au sens du mot grec employé par saint Jean: chacun est convoqué à un jugement que nous reconnaissons être celui qu'impose la Lumière du monde : Jésus-Christ.

« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure" (Jn 9, 39-41).

Le déclic et son mérite en sont à la publication du 24 juin 2026 par la Fraternité; ça aurait pu/dû être celui du Souverain Pontife et des Cardinaux providentiellement en consistoire à Rome ces jours. Voici le commentaire que j'y ai ajouté :

 Pendant l'apéro, tout à l'heure sous mon arbre, le Seigneur m'a montré ce qu'il a rendu possible par la publication de la déclaration de foi FSSPX :

Le pape retient les cardinaux à Rome jusqu'au 1er juillet où il convoque aussi les supérieurs de la fraternité dont les futurs évêques, et place Saint-Pierre faisant pénitence tous ensemble comme les bourgeois de Calais, à genoux ils récitent la Déclaration qui n'est que l'exposé synthétique des dogmes catholiques et des erreurs rejetées parce que contraires à ces vérités; demandant ainsi pardon au Seigneur devant toute l'Église, et à tous les Fidèles, pour le scandale d'une crise de plus de 50 ans qui n'aurait jamais dû avoir cette ampleur; à laquelle le Seigneur vient de mettre un point final, par pure miséricorde souveraine, en faisant simplement resplendir la Vérité qui s'impose à tous avec autant de fermeté que de douceur; la suite étant laissée à la Curie et aux différents interlocuteurs concernés, au concret et au cas par cas, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, en dehors du nuage d'encre et de fumée de l'idéologie et des anathèmes, désormais dissipé, c'est le cas de le dire, par l'opération du Saint-Esprit de vérité et de force; et Léon XIV y appose solennellement sa signature et le sceau de la première bulle de son pontificat. 

Mais cela n'arrivera pas. Pourquoi ? A cause de l'énormité de la remise en cause exigée ainsi de chacun et de tous, pasteurs et fidèles, que seul aurait rendue possible l'envoi par le fils aîné de l'Eglise, le roi de France Venturus (qui-doit-venir), d'un ambassadeur plénipotentiaire qui aurait demandé à être reçu au Consistoire en en interrompant les travaux, pour délivrer ce message de son maître : "la France, et nous-même, fils aîné de la sainte Église romaine, vous adjurons de vous mettre publiquement en présence de Dieu, de lire la Déclaration de foi catholique et rejet des erreurs qui lui sont contraires, pour que le monde sache qu'il doit désormais redouter en vous les adorateurs du seul vrai Dieu, et que l'unité de toutes les forces vives de l'Église est désormais confirmée sur le rocher qui est le Christ, chef invisible de la sainte Église, et que donc il est mit un terme au règne du prince de ce monde; les Nations exsangues n'attendent que cela, et les populations languissantes sous un joug abominable qui n'est pas celui du Seigneur; nous vous assurons de plus, que la France soudain réveillée à sa vocation par votre amende honorable universellement attestée, saura se montrer fidèle et digne de sa mission."

Mais le Sacré-Cœur devra sans doute plutôt se contenter le 6 juillet prochain s'il plaît à Dieu, et il s'en contentera affectueusement, de voir au pied de sa statue à ce rendez-vous des Rinfillières convenu il y a 101 ans: le Connétable de la Charte pour suppléer la France officielle et représenter le roi Venturum (qui-doit-venir); l'aumônier de la Charte pour suppléer et représenter la Hiérarchie ecclésiastique ; et les pèlerins notamment de la Supplique à Pontmain pour le retour du Roi pour suppléer et représenter les Francs, la France, les Nations.  

Quelle assurance, quelle audace direz-vous, je lis déjà vos commentaires avant rédaction.. ! Mais la Messe Perpétuelle demandée aux Rinfillières et toujours refusée, se célèbre réellement comme Culte véritable au sein même de la Trinité en ce moment, et ne demande que ce qui la manifestera au plan visible en expiation de toute iniquité, dans ce lieu spécialement choisi par le Sacré-Cœur pour répandre son amour miséricordieux sur le monde: ce sera nous autres pour commencer, excusez du peu, vraiment. On est donc très éloigné d'une simple dévotion privée ! 

Ps. Pour la recette du cocktail de ce midi, on passe en off.

 

ADDENDUM Sur les sacres annoncés du 1er juillet

Suite à mon commentaire, on me demande des précisions sur les sacres annoncés par la FSSPX pour le 1er juillet. Voici ce que je pense. 

L’excommunication latae sententiae est l’application d’une peine contre un acte d’une telle gravité qu’il n’y a ni accusation ni enquête ni instruction ni discussion ni défense ni plaidoiries ni jugement ni condamnation. On ne s’adresse même pas à la personne : par le fait même que l’acte est effectivement posé, la peine encourue est effectivement appliquée. Ça ne se discute pas.. et donc on n’en discute pas ! Voilà. 

Qu’est-ce qui change depuis le 24 juin et la profession de Foi catholique de la FSSPX ? Pour les excommunications latae sententiae en cas de sacres effectifs, on vient de le dire : rien ne change. Pour la FSSPX et pour Rome : tout a changé ; impossible de revenir en arrière, ou de dire : « ce n’était rien ». Parce que, derrière le « je » qui pose l’acte de foi en soumettant son intelligence et sa volonté à l’autorité de Dieu qui révèle, et nous sommes tous et chacun concernés, la FSSPX dit seulement ceci : la sainte Église croit tout ça, et donc logiquement je rejette ce qui est contraire à tout ça. Et Rome ? Et nous ? A chacun de voir et de répondre.. devant Dieu et devant les hommes. Voilà.

Contrairement à ce qu’on dit, il n’y a aucune accusation ni dénonciation contre qui que soit (qui se sent morveux qu’il se mouche, disait Molière), mais la simplicité et l’humilité de se mettre sous la Vérité elle-même, qui sonde les cœurs et les reins afin de rendre à chacun selon ses œuvres. Le Christ Chef invisible de l’Église et le Saint-Esprit Âme de toute sa vie, viennent d’en reprendre le contrôle directement, par le centre de chaque âme, pour rétablir l’Église en un instant dans la Vérité qui sauve, avec tous ceux qui voudront en être. Voilà. 

Et donc, pour terminer sur les sacres annoncés : ils étaient hors de propos et sont maintenant dépassés ; inutiles ; et seraient ruineux pour la FSSPX et son apostolat qu’ils doivent soi-disant garantir. D’abord, parce qu’on n’aurait jamais dû ni les envisager ni en discuter à n’en plus finir, puisque ça ne se discute pas ; ensuite parce que le Christ vient d’intervenir merveilleusement en un instant pour sortir l’Église de la crise, et rétablir les fondements mêmes de la «  hutte branlante de David » (Ac 15) ; enfin parce que la FSSPX n’a plus à se protéger elle-même, puisque ce qui vient de la sauver, comme toute l’Église, c’est d’avoir été la première à se remettre purement et simplement... dans l’Église! en professant clairement ce que croit l’Église, et en rejetant logiquement ce qui lui est contraire. A qui le tour ? Comme disait quelqu’un il y a cinquante ans : le meilleur bouclier contre l’Église, c’est l’Église elle-même. Voilà. 

Coda. Le temps est plus court qu’on ne pense : si le Christ reprend son Église dans l’unité de toutes ses forces vives (le reste s'effondrera rapidement), c’est qu’il va en avoir besoin. Voilà.


04 juin 2026

Sur les 150 points de la Phalange CRC - Point 2

 


Merci beaucoup pour ce deuxième point qui est absolument décisif. Bien sûr, notre idéal n’est pas de devenir phalangiste à la CRC, mais de mettre à profit le travail des autres sur leur propre engagement, afin d’éclairer et soutenir notre fidélité catholique et royale. Or c’est précisément l’intuition de l’Être qui a fait le plus cruellement défaut à la réflexion chrétienne depuis des dizaines et des dizaines d’années. Entre le naufrage de la métaphysique, un certain anti-intellectualisme revendiqué, et le suprémacisme de l’exégèse au détriment de la dogmatique, notre foi s’exprime et se vit dans le registre de l’Alliance : Dieu avec nous et nous avec Dieu. Avec l’illusion d’une relative symétrie, induite par le fait que cette amitié qu’est la grâce, recherche la réciprocité. On perd ainsi peu à peu de vue le fondement de toute réalité : l’acte souverain de la parole créatrice qui nous pose dans l’existence, par Dieu transcendant, Esprit infini, Vérité subsistante, Plénitude de tout Bien. 

Pour avoir l’intuition de l’Êre, la manière la plus simple, paradoxalement, est de saisir l’absolu de ce qui a été et qui n’est plus ! Rien ni personne ne peut faire que ce qui a été, n’ait pas été : il n’est plus, on l’a effacé, on n’y pense plus, mais “il a été”, à jamais. Tel est le vertige des romantiques anglais (pardonnez-moi) : never more; qu’on a aussi splendidement en Ap 18 la complainte pour la destruction de Babylone : jamais plus.. Champs de ruines d’où monte, l’irrépressible affirmation: “DIEU EST”. Bienheureuse espérance que rien ne fonde en nous. Absolu. 

Finalement, une méditation métaphysique bien inspirante, en ces temps de collaps universel annoncé; et peut-être la seule vraiment consolante.

Sur les 150 points de la Phalange CRC - Point 1

 

 

Merci beaucoup pour ce premier point de la phalange CRC : l’inspiration catholique est évidemment primordiale, sans préjuger de la foi de chacun, dont Dieu seul est juge, au centre de son âme.
 

J’en soulignerais, pour ma part, deux choses. Premièrement, la référence à l’Immaculée: nous reconnaissons, bien sûr, la doctrine spirituelle et d’action de saint Maximilien-Marie Kolbe, et plus généralement la vraie dévotion à la Sainte Vierge, de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, apôtre de la Vendée militaire. L’efficacité exceptionnelle de cette dévotion pour notre sanctification et notre action tient à sa simplicité, et l’humilité dans la foi par laquelle on s’en remet en tout et pour tout à Marie.. Ce que fait Dieu lui-même d’abord, et chacune des Trois Personnes divines !
 

Deuxièmement, la source de la légitimité de notre engagement au plan spirituel et de notre combat au plan temporel, réside dans la consécration de notre Baptême : caractère sacramentel d’un prêtre, prophète, et roi de l’Alliance nouvelle et éternelle. Or, justement, la dévotion à Marie, la confiance en Notre-Dame, nous est donnée comme le moyen le plus accessible et le plus puissant de remplir les engagements de notre baptême. Assez de tiédeur et de médiocrité : le grand message de Vatican II était l’appel universel à la sainteté ; quelle pitié de voir ce que nous en avons fait !
 

Puisque “Dieu veut instaurer dans le monde la dévotion au cœur Immaculé de Marie” depuis plus de cent ans, n’hésitons pas à nous approprier souverainement tous ces hauts patronages : “tout est vôtre” annonçait Jehanne avant d’enlever une place forte; et la clameur de ses troupes répondait “tout est nôtre”.

24 avril 2026

Double allégorie sur l'heure de Dieu

 Au cas où vous n'auriez pas tout lu, "la théologie c'est quand même difficile" comme dit ma petite soeur, je vous redonne ici la double allégorie par laquelle je terminais l'homélie du Lundi de Pâques cette année.

 


Je terminerai, si vous le permettez, par une double allégorie, après avoir demandé votre indulgence pour bas-clergé-en-sabots qui n'a que les visions qu'il peut. Nous sommes au casino royal, devant la roulette française, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler. Le Christ est parmi les joueurs. Le Saint Esprit est le croupier. Le Patron, personne ne l'a jamais vu, sauf quelques rares et seulement de dos. Tous peuvent venir tenter leur chance à cette table : le premier jeton, gratuit, est donné à chacun lors de sa conception près du cœur de sa mère. La dernière partie a commencé l'an du Seigneur 2023. Vous vous souvenez : 5 janvier, funérailles de Benoît XVI, dont la devise dans la Prophétie des Papes, était "De gloria olivae"; et le 7 octobre début des massacres en Terre Sainte, affichant depuis, de manière tragique, la signification aveuglante de cette devise. Faites vos jeux... rien ne va plus.. Le croupier lance avec force la roulette, puis la bille qui saute d'un bord à l'autre et s'arrête dans une case, tandis que la roulette continue à tourner encore un moment. Enfin, le croupier proclame : le 3, rouge, impair et manque. C'est le chiffre sur lequel le Christ a misé : la sainte Trinité, le Sang de sa Passion, le sort inégal des bons et des méchants, la damnation éternelle de beaucoup. Ceux qui ont misé sur le 6, noir, pair et manque, en triplant la mise, ont tout perdu, ils sont finis. C'était la dernière partie : il n’y en aura pas d’autre. J'ai parlé ailleurs de la fin de la « deuxième mi-temps ». La table de la roulette a été renversée au cours de l'Année Sainte 2025, jubilé ordinaire romain, et centenaire de Pontevedra qui se prolongeait, comme chacun sait, jusqu'au 15 février 2026.

Nous sommes maintenant devant la table de Baccara. Le Christ ne joue pas : c'est lui le Maître du jeu, il mélange les cartes et les distribue avec une agilité stupéfiante, il les achemine, les retourne, c'est lui qui sert. Sa Mère est à la table : cette Dame de très grande classe qui impressionne tout le monde, avec invisiblement en elle, le Saint Esprit. A cette table ne sont invités que les puissants de ce monde, élus de premier rang, dignitaires ecclésiastiques. Nous, les gueux, les humbles disons-nous dans l’Église, on nous recommande de nous tenir assez loin pour être à l'abri. Mais nous pouvons regarder, surtout la grande Dame dont le regard n’hésite pas à croiser celui des autres joueurs, les cherche même ; furieux, dépités, terrifiés, de trop rares fois heureux et fiers, mais ce sont eux qui baissent les yeux. Au Baccara, on ne prend pas en compte les dizaines : on ne garde que les unités, de sorte que le chiffre le plus élevé n'est jamais plus que neuf; les têtes ou figures valent zéro. C'est ce que les joueurs ont d’emblée du mal à intégrer. Le jeu s'accélère : la dextérité du croupier est fascinante, la distribution des cartes et leur ramassage, le calcul des profits et des pertes et leur remise aux joueurs se fait plus rapide ; on sent que le Christ veut en finir. Les lettres de la dépêche de Pontmain que nous pouvons lire, nous autres comme les enfants, défilent en boucle sur la paroi, rappelant cette main terrifiante au festin de Balthasar :

"MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS

MON FILS SE LAISSE TOUCHER".

Les joueurs restent à la table de moins en moins longtemps et ils passent à la caisse recevoir leur compte ou abandonnent leurs jetons, pensant échapper; et d'autres les remplacent de plus en plus souvent, on n'arrive plus à se rappeler leurs noms, dont les listes entières sont en accès gratuit sur internet. Finalement, ils se font plus rares, encore plus inquiétants, et quelques uns vraiment rayonnants. Jusqu'à ce que s'accomplisse la promesse de Notre-Dame : "à la fin mon Cœur immaculé triomphera"; ouvrant l'accomplissement à celle du Sacré-Cœur : "Ne crains rien. Je régnerai malgré mes ennemis, et ceux qui voudront s'y opposer."


 

12 avril 2026

Lundi de Pâques - Homélie de la Messe chantée

 

 

Le kérygme que nous venons d'entendre dans la bouche de l'Apôtre, permet de neutraliser l'enflure, la boursouflure ecclésio-centrée des années soixante, devenue depuis un cancer qui devait être fatal à l’Église, si celle-ci n'était pas née du côté du Christ endormi sur la Croix, selon le mot des Pères, en régime d'Alliance nouvelle et éternelle; ce qui la rend indéfectible.

"Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l'a ressuscité des morts, et il lui a donné de se montrer non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection." C'est tout ça, et ce n'est que ça. Évidemment, tout est accompli. Tout est déjà fait par Jésus-Christ et par sa Mère. Il n'y aura jamais dans l'Église plus de sainteté, plus de charité, plus de vérité et de justice qu'il n'y en a déjà dans le Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur immaculé de sa Mère. Les Apôtres sont envoyés porter la Bonne Nouvelle et les moyens du Salut de génération en génération, non pas pour que machin et chose y rajoutent les splendeurs de leurs propres œuvres, mais pour que les élus puissent adhérer au Corps mystique du Christ et avoir part à la Grâce de son Esprit, jusqu'à sa Manifestation glorieuse aux temps que Dieu a fixés de son autorité et que le Père seul connaît.

A la vérité, il n'y a pas de crise de l’Église : une crise qui dure pendant des dizaines d'années, ce n'est plus une crise, c'est un dysfonctionnement devenu structurel, qui a été pensé par l'adversaire, et mis en œuvre par des brigands. Il consiste, me semble-t-il, simplement en ce que les experts ont subjugué les Évêques. Mais la légitimité de ces derniers à enseigner et gouverner,  tout autant que leur pouvoir de sanctifier, ne tient pas aux dernières découvertes des experts les plus en vue, mais procède immédiatement du mandat du Christ et de l'autorité Apostolique, qui transmet fidèlement l'intégralité du dépôt de la Révélation ; c'est-à-dire la Parole de Dieu et la Tradition vécue de l’Église, avec toujours en son centre, source et sommet, la Présence éminente, réelle, substantielle, de Jésus lui-même en Personne, dans la puissance de l'Esprit.

Or le Pape a organisé lui-même d'avance le viol du Concile qu'il avait convoqué, en établissant un dit secrétariat, dont les experts étaient agrégés à chacune des commissions élues par les Évêques, pour veiller à ce que soient exprimées dans les débats un certain nombre d'idées incontournables; ceci ne suffisant pas, le Pape manipula une nouvelle fois le règlement du Concile qu'il avait pourtant approuvé, et profita de l'inter-sessions pour ériger le dit secrétariat en Commission transverse, ce qu'elle a toujours été dans la pensée du Pape, pour chapeauter cette fois, aussi le Saint-Office, jusqu'ici à part des autres commissions et ayant la prééminence sur elles toutes, étant donné sa fonction de vigilance sur l'intégrité de la doctrine de la Foi dans l’Église. Tout cela ressort des archives maintenant accessibles, et constitue la matière d'études universitaires, de thèses d'Histoire, de publications d'articles et de livres. Le donjon de la Curie romaine ainsi sapé, on pourrait s'acheminer après le Concile, de réforme en réforme de la Curie, jusqu'à la transformation actuelle des Sacrées Congrégations, qui étaient chacune un organe de la personne du Souverain Pontife, en de simples Dicastères, qui sont les services de l'administration centrale de l’Église romaine, comportant des pasteurs et des experts, éventuellement féminins comme il se doit.

Mais la main-mise des experts sur la Hiérarchie sacrée n'a pu s'imposer aussi rapidement, que parce que, de façon moins institutionnelle et plus largement répandue, on confondait depuis un moment déjà, la doctrine et la théologie. La doctrine est l'intelligence de la foi, qui éclaire les vérités divines les unes par les autres, avec la raison pour instrument, par l'analogie avec les choses créées, l'analogie des mystères entre eux, et la fin ultime de l'homme, la vie éternelle. C'est ce qu'enseigne le Concile Vatican I dans sa Constitution sur les rapports de la Foi et de la Raison.

La théologie, elle, toujours au moyen de la raison droite et dans la foi, recherche des synthèses plus larges, propose des perspectives, repère des constantes, formule des convenances, ose des réflexions. Elle le fait dans l'ambiance intellectuelle de l'époque, éventuellement en dialogue avec les courants de pensée, et n'hésite pas à relever le défi des grands systèmes philosophiques du moment, à la fois pour en montrer l'intérêt ou les erreurs, et pour défendre la foi catholique contre les attaques qu'ils pourraient mener, et le peuple chrétien contre les dangers qu'ils pourraient représenter. La théologie se distingue elle-même en théologie positive et en théologie spéculative, dans une proportion d'environ 10% pour la théologie spéculative. La théologie positive procède comme une sorte d'inventaire des données : sur telle question nouvelle ou en débat, que dit l’Écriture, que disent les Pères, qu'enseigne le Magistère ordinaire et extraordinaire, particulier et universel, qu'en ont dit les Saints et pensé les Mystiques ? Et c'est à partir de là, que les esprits forts, pas si nombreux que cela en théologie spéculative, pourront forger les opinions qu'ils soumettront à la discussion des autres, confrontant leurs réflexions et remarques, opposant leurs arguments et répondant aux objections. Très rares sont les théologiens qui ont vu certaines ou beaucoup de leurs propositions intégrées presque mot à mot par le Magistère authentique de l’Église.

Plutôt que d'user ses énergies et se répandre en accusations d'hérésies et de schismes, comme si la tunique sans couture de l’Église était si ténue qu'elle soit en lambeaux aux moindres contestations du premier esprit tordu, il serait plus approprié de dissiper la confusion des genres et de remettre chacun à sa place. Nul doute que l'eau du bocal s'en trouverait vite beaucoup plus claire. Mais pour qu'elle soit de nouveau limpide, il faut abjurer, une fois pour toute, et tous, l'esprit révolutionnaire, son obsession de la pureté rituelle qui lui vient des anciennes prescriptions mosaïques, et sa fascination pour les totalités en dehors desquelles point de salut  : « c'est seulement en éradiquant toute erreur qu'ont pourra sauver la vérité ». Mais tant qu'on agite l'eau du bocal, elle restera trouble. Il faut donc finalement retrouver confiance dans la force de la vérité elle-même, malgré les cinquante ans que nous venons de subir, et cesser l'agitation dans le bocal : rapidement les plus lourds, les plus gros, les plus acérés, seront entraînés au fond par leur pesanteur même, et ils seront bien vite oubliés; au lieu de réclamer des condamnations qui les feront remonter à la surface pour un nouveau petit tour de gloire insignifiant et vain, sur des sujets dont, en fait, personne n’est plus désormais capable de comprendre l’importance.

Je terminerai, si vous le permettez, par une double allégorie, après avoir demandé votre indulgence pour bas-clergé-en-sabots qui n'a que les visions qu'il peut. Nous sommes au casino royal, devant la roulette française, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler. Le Christ est parmi les joueurs. Le Saint Esprit est le croupier. Le Patron, personne ne l'a jamais vu, sauf quelques rares et seulement de dos. Tous peuvent venir tenter leur chance à cette table : le premier jeton, gratuit, est donné à chacun lors de sa conception près du cœur de sa mère. La dernière partie a commencé l'an du Seigneur 2023. Vous vous souvenez : 5 janvier, funérailles de Benoît XVI, dont la devise dans la Prophétie des Papes, était "De gloria olivae"; et le 7 octobre début des massacres en Terre Sainte, affichant depuis, de manière tragique, la signification aveuglante de cette devise. Faites vos jeux... rien ne va plus.. Le croupier lance avec force la roulette, puis la bille qui saute d'un bord à l'autre et s'arrête dans une case, tandis que la roulette continue à tourner encore un moment. Enfin, le croupier proclame : le 3, rouge, impair et manque. C'est le chiffre sur lequel le Christ a misé : la sainte Trinité, le Sang de sa Passion, le sort inégal des bons et des méchants, la damnation éternelle de beaucoup. Ceux qui ont misé sur le 6, noir, pair et manque, en triplant la mise, ont tout perdu, ils sont finis. C'était la dernière partie : il n’y en aura pas d’autre. J'ai parlé ailleurs de la fin de la « deuxième mi-temps ». La table de la roulette a été renversée au cours de l'Année Sainte 2025, jubilé ordinaire romain, et centenaire de Pontevedra qui se prolongeait, comme chacun sait, jusqu'au 15 février 2026.

Nous sommes maintenant devant la table de Baccara. Le Christ ne joue pas : c'est lui le Maître du jeu, il mélange les cartes et les distribue avec une agilité stupéfiante, il les achemine, les retourne, c'est lui qui sert. Sa Mère est à la table : cette Dame de très grande classe qui impressionne tout le monde, avec invisiblement en elle, le Saint Esprit. A cette table ne sont invités que les puissants de ce monde, élus de premier rang, dignitaires ecclésiastiques. Nous, les gueux, les humbles disons-nous dans l’Église, on nous recommande de nous tenir assez loin pour être à l'abri. Mais nous pouvons regarder, surtout la grande Dame dont le regard n’hésite pas à croiser celui des autres joueurs, les cherche même ; furieux, dépités, terrifiés, de trop rares fois heureux et fiers, mais ce sont eux qui baissent les yeux. Au Baccara, on ne prend pas en compte les dizaines : on ne garde que les unités, de sorte que le chiffre le plus élevé n'est jamais plus que neuf; les têtes ou figures valent zéro. C'est ce que les joueurs ont d’emblée du mal à intégrer. Le jeu s'accélère : la dextérité du croupier est fascinante, la distribution des cartes et leur ramassage, le calcul des profits et des pertes et leur remise aux joueurs se fait plus rapide ; on sent que le Christ veut en finir. Les lettres de la dépêche de Pontmain que nous pouvons lire, nous autres comme les enfants, défilent en boucle sur la paroi, rappelant cette main terrifiante au festin de Balthasar :

"MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS

MON FILS SE LAISSE TOUCHER".

Les joueurs restent à la table de moins en moins longtemps et ils passent à la caisse recevoir leur compte ou abandonnent leurs jetons, pensant échapper; et d'autres les remplacent de plus en plus souvent, on n'arrive plus à se rappeler leurs noms, dont les listes entières sont en accès gratuit sur internet. Finalement, ils se font plus rares, encore plus inquiétants, et quelques uns vraiment rayonnants. Jusqu'à ce que s'accomplisse la promesse de Notre-Dame : "à la fin mon Cœur immaculé triomphera"; ouvrant l'accomplissement à celle du Sacré-Cœur : "Ne crains rien. Je régnerai malgré mes ennemis, et ceux qui voudront s'y opposer."