24 février 2026
Jeudi 1 Carême - Homélie dans une maison de la CRC : Sur la parabole du Jugement Dernier
On comprend facilement pourquoi on a cette page d’Evangile dans les premiers jours du Carême : le Mercredi des Cendres donnait les pratiques du Carême dans la prière, l’aumône et le jeûne ; alors la Parole de Dieu expose pendant les premiers jours ce qu’est le jeûne qui plaît à Dieu, les enjeux de l’aumône, et bientôt la prière avec le Notre Père.
Mais il faut surtout voir la complaisance avec laquelle Jésus rappelle ses souffrances rédemptrices, et la bienheureuse réponse qu’il a reçue de nous : j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; j’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi ! A commencer bien sûr, par la Vierge Marie, elle qui lui a donné sa chair et son sang et tout le reste ensuite, elle seule, bien avant qu’il soit question de la participation de l’Église à ces mystères. En écho, l’émerveillement des élus : tu avais faim, et nous t’avons donné à manger ; tu avais soif et nous t’avons donné à boire ; tu étais un étranger et nous t’avons accueilli ; tu étais nu et nous t’avons habillé ; tu étais malade et en prison et nous sommes venus jusqu’à toi ! Bonheur éternel, en vérité, qui glorifiera le vrai Dieu, le Dieu vivant, qui s’est révélé non seulement dans l’adoration de sa Majesté, mais dans l’abaissement de sa Charité, laquelle nous a rendus capable de réellement le servir et aimer en retour.
Tout autre, au contraire, l’amertume du Sacré-Coeur de Jésus, lorsqu’il évoque ses souffrances qui seront vaines pour tant d’ingrats : j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade, et vous ne m’avez pas visité ; j’étais en prison, et vous n’êtes pas venus jusqu’à moi… Alors, ceux qui viennent d’entendre la funeste sentence : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges », devant la révélation de tant de souffrances, « tous le verront, même ceux qui l’ont transpercé », ne sont pas apeurés, confondus, pleurant, suppliant, regrettant – pour ceux-là, nous pourrions prier et offrir des sacrifices en réparation pour qu’ils se convertissent, aient le temps de faire pénitence, ou soient même rattrapés in extremis – mais non, ils relèvent la tête avec une arrogance inouïe, et incriminent le Christ, Verbe incarné, Rédempteur, Législateur et Juge universel : quand donc t’avons-nous vu avoir faim, soif, être étranger, nu, malade ou en prison, - toutes ces souffrances pour les sauver ne les intéressent pas - , sans nous mettre à ton service ? Comme pour dire : ce jugement, c’est du n’importe quoi.. De tels endurcis, comme dit l’Apôtre, prenez-les en pitié mais en détestant jusqu’à la tunique souillée par leur chair !
Or nous apprenons ces jours-ci, et chaque jour fournit sa cargaison d’atrocités, que beaucoup de ceux qui dirigent les pays du monde et ont quelque influence que ce soit sur la vie des populations, appartiennent à cette espèce-là. Certes, quand on est à la CRC, on sait depuis des dizaines d’années tout cela, et quelles en sont les causes, et quels sont les moyens d’en sortir. Ils étaient déjà couverts de sang par l’avortement, première cause de la mortalité dans le monde, plus de cinquante millions de morts chaque année. Mais désormais, les preuves sont données par mails, récits, photos, vidéos, témoignages de rescapés, de ce que sont ces gens et de ce qu’ils font, avec les listes de leurs noms : une dépravation de la sexualité qui défie l’entendement ; des crimes de sang qui dépassent tous les phantasmes de la barbarie la plus cruelle – nous savons maintenant ce que fait cette élégante de 80 balais, pour avoir une peau de bébé ! - ; et l’abomination de la désolation : le culte de satan à la place de l’adoration de Jésus-Christ ! Et ce sont ceux-là qui votent les lois, dessinent la mode, établissent le paradigme des sociétés de demain, kaporalisent la pensée, jugent et punissent les déviants, répriment les récalcitrants.
Au moins, cette fois, le qu’en dira-t-on qui nous tétanise, nous catholiques français, sera définitivement liquidé ! Le Christ a tiré la chasse, excusez la poésie de l’image, et tous ceux-là ne méritent d’autre considération que ces matières qui s’élèvent et s’abaissent à tour de rôle et s’entrechoquent, parce qu’elles sont déjà en train d’être englouties dans l’abîme avec un horrible bruit. En vérité, le pouvoir est à terre, et il sera à celui qui le ramassera. Chouette, un prêtre OAS comme le père ! Mais non, il ne s’agit pas de conquérir des institutions écroulées qu’on ne relèvera plus. Prenons conscience que les BRICS qui sont, pour beaucoup, des païens et des communistes, et l’Orhodoxie, font maintenant figure de vertu par rapport à ce qu’est devenu l’Occident autrefois chrétien ; prenons conscience que d’autres sont à l’affût et en embuscade, et qu’eux savent se battre. Alors nous ? « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre, dit Jésus ressuscité. Donc allez ! » L’ordre temporel a été remis par le Christ, aux Baptisés, aux Fidèles laïcs, particulièrement aux pères et mères de famille et à leurs enfants ; à personne d’autre. Et il a donné pour l’étape où nous sommes, la dévotion au Cœur immaculé de Marie comme bouclier, et comme arme le chapelet.
A ce propos, ce qui est caché aux généraux et amiraux de France, est révélé aux enfants, même petits. Puisqu’il était question de la Confirmation ce matin, je vais citer le droit canonique : tout catholique est tenu gravement de recevoir le Sacrement de Confirmation au temps opportun, c’est-à-dire pour le rite latin, à l’âge de raison ! Donc, tout petits, vous avez été suffisamment raisonnables pour être admis à l’Eucharistie, vous avez fait votre première Communion : il faut demander à être Confirmé sans tarder. « Mais ma petite chérie, et toi mon pauvre garçon, vous voulez être soldats du Christ ? Oui, nous combattons avec le Cœur immaculé de Marie contre le diable, et pour cela nous récitons le chapelet tous les jours » ! J’en profite pour vous féliciter de la façon dont le chapelet est récité ici : énonciation du Mystère, fruit du mystère, Notre Père, dix Je vous salue Marie dans la foulée et à toute vitesse, Gloire au Père, et la petite adresse finale demandée à Fatima qui fait toute la différence ; puis deuxième Mystère et ainsi des cinq. Quand c’est fini, au revoir et merci : « ai-je bien prié, ai-je médité, c’était bien, c’était raté, j’étais distrait ? En plus, c’est répétitif, on n’en peut plus.. ». Mais la grâce puissante du chapelet est tellement plus profonde que toussa ! Le chapelet est la fronde de David contre Goliath. En matière d’armement, on a beaucoup progressé depuis David et Goliath. Quand on dit le chapelet, il faut penser au tir de barrage : on tire en face n’importe comment et surtout sans s’arrêter ; l’Ennemi est empêché et bloqué par la puissance de feu. Cela, pour la défensive. Et pour l’attaque, il faut penser aux orgues de staline : une cinquantaine de tuyaux comme ceux d’un orgue, mais pour une autre musique, embarqués sur des camions, qui envoient des croquettes chacun à son tour en quelques secondes et en continu, jusqu’à ce qu’on puisse avancer et reprendre le terrain.
En vérité, le génie de votre père voyant monter la crise, a été l’humilité de prendre le moyen qui était offert par le Ciel, la dévotion au Cœur immaculé de Marie, et d’avoir établi cette dévotion sur les maisons qu’il fondait, sans épuiser son énergie à supplier le Saint Père d’en faire la promotion. Il a découvert alors, et de plus en plus, que tout était dans ce Cœur. « A la fin, mon Cœur immaculé triomphera » a promis la Sainte Vierge ; et le Sacré-Coeur de Jésus à sainte Marguerite-Marie : « Ne crains rien, je régnerai malgré mes ennemis et ceux qui voudront s’y opposer ». Je termine toutes mes prières par ces deux promesses !
21 février 2026
Commentaire face à PdV - Laïcité, islam, France catholique
(Avec un retard certain, commentaire de l'émission du 20 juin 2025)
Monsieur, désolé, mais vous avez manqué un train. 1. Les régimes tyrannisant l'Occident sont hautement terroristes, notamment par l'avortement, première cause de mortalité y compris en France, et par l'holocauste culturel civilisationnel, moral, intellectuel et spirituel, excusez du peu. 2. Le monde est déjà celui des BRICS; et dans ce monde d'après qui est celui d'aujourd'hui, l'Occident n'est rien que gesticulation démodée. Coda : la oumma que vous agitez comme un chiffon rouge, est divisée depuis les origines, et ne s'allie même pas provisoirement pour le jihad.
Concl. Que direz-vous quand on saura que l'Iran ne préparait pas de bombe atomique comme un hochet: puisqu'elle fait déjà tant d'horreurs avec ses drônes à deux balles, largement éprouvés et exportés.
Mais enfin, dans un pays aux milliers d'années d'Histoire que vous rappelez, en quoi l'intervention pour liquider le régime par la jeune république de 220 ans de destruction serait-elle salutaire et même seulement légitime? Curieusement, vous semblez ne plus être éclairé par les principes qui guident habituellement vos analyses et sont simplement ceux de la droite raison.
Plus proche de nous, y a-t-il une seule intervention militaire occidentale pour un changement de régime dans un pays, qui n'ait instauré une situation tellement pire ? Ce qui a posteriori explique pourquoi les populations supportaient le statu quo.. qu'en pensent les Kosovars, Libyens, Irakiens et Syriens (en particulier chrétiens)? Et les Iraniens, au fait: d'où vient donc ce régime que vous prétendez renverser maintenant? Dans l'Iran d'avant, les femmes allaient à l'université en petite robe, comme les belles que l'on voyait aux Champs-Élysées à la même époque. Et les Afghans, nouvel épouvantail : dont l'UE s'enorgueillit de vouloir accueillir les femmes par millions; comment pensez-vous qu'elles étaient habillées pour exercer leurs professions, avant qu'on s'en mêle ? En vérité, la Providence va faire mordre la poussière à l'Occident pour mater son arrogance, et l'on pourra enfin parler de monde nouveau.
Pronostic vital engagé.. Jésus-Christ vrai Roi de France dit : Je Suis la Voie, la Vérité et la Vie. On lui dit de revenir, ou bien on crève, parce que la magie noire du peuple souverain, on ne veut pas y renoncer ni demander pardon?
Jésus Christ, vrai homme sans cesser d'être Dieu, voilà qui renvoie dos à dos laïcité et islam : ça tombe bien, la France que vous avez toujours à la bouche, est catholique ! Et Jésus est même vrai roi de France depuis le pacte de Reims, duquel est née... la France justement, après son roi, fils aîné de l'Eglise pour protéger sa Mère. Tant qu'on ne dira pas ça, les français n'entendront pas: car ils connaissent la voix du bon berger, et s'enfuient loin du faux.
19 février 2026
Les Deux Voies - Jeudi après les Cendres
Les chrétiens anonymes de Rahner, c’est une piste intéressante, mais surtout partielle et périphérique, qui avance en « terre inconnue » puisqu’il s’agit des « voies extraordinaires » et « d’une manière que Dieu connaît ».. et non pas nous ; pour lesquelles l’Église n’a ni dépôt sacré ni mandat. Or cette piste s’est substituée peu à peu à la doctrine catholique dans son ensemble. Comment est-ce possible ? Entre autres par l’abstraction, qui vide la parole de son contenu concret, et permet à l’intelligence de jongler brillamment et sans contrainte, éventuellement avec des retournements dialectiques séduisants, puisqu’on est dans l’hypothèse et non dans la réalité.
C’est typiquement le cas devant « les deux voies » qui étaient le thème des Lectures en ce Jeudi après les Cendres. Spontanément, tout le monde se porte sur le choix (subjectif) que nous avons à faire, et non pas sur le contenu (objectif) des deux voies entre lesquelles choisir. Quand on lit le texte, il y a certes l’exhortation à choisir, mais il y a surtout le contenu du bien à faire : obéir aux commandements de Dieu, aimer le Seigneur de toutes ses forces ; suivre Jésus Verbe incarné qui marche vers sa Passion, prendre chacun sa croix et persévérer jusqu’à la fin, pour entrer par lui, avec lui et en lui dans l’éternité bienheureuse, que lui seul rend accessible. Mais ce n’est pas de cela que l’on parle.
On exhorte à choisir le bien et à refuser le mal, formels et abstraits (impératif moral de Kant). Mais concrètement, personne ne choisit la mort, et tout le monde choisit la vie : celui qui choisit la discothèque tous les soirs choisit la vie, et l’église le Dimanche c’est la mort qu’il ne choisit pas. S. Thomas le disait avec toute la pensée classique: le mal n’est délectable que sous l’angle d’un certain bien. Mais pourquoi alors s’épuiser en ces exhortations formelles ? Justement, et là est l’horreur : il faut que les gueux se soumettent et obéissent, quel que soit le bien et la vie qu’on leur fourgue de gré ou de force (l’Evangile ou le tri des déchets c’est du pareil au même), l’essentiel est d’obéir et de se soumettre, et de fait on interdit violemment tout écart comme étant un choix de mort (sketch des Inconnus, bien ! pas bien ! en conditionnement pavlovien) ; pendant que la super-caste, elle, s’adonne aux transgressions les plus effrayantes.
Les néo-bolchéviques utilisent bien l’idéologie abstraite et immanente de la morale kantienne comme opium du peuple. Et l’Église, sans s’en rendre compte, en devient, depuis l’euphorie conciliaire, le vecteur avec tout le poids de son autorité qui vient d’En-Haut ; mais sans plus jamais tourner les regards vers le Ciel d’où nous attendons Celui qui vient, non plus comme Rédempteur, mais comme Législateur et Juge, dernière séquence de son Œuvre de Salut. La dimension d’avertissement et de dénonciation de ce qui conduit à la perdition éternelle, sont aussi essentiels à l’Evangile de Notre Seigneur Jésus-Christ que l’annonce de l’amour de Dieu et la mise en oeuvre de sa Miséricorde.
On ne peut plus ne pas savoir en 2026, que la super-caste exerce le culte de satan, contre qui le seul moyen de salut est le Christ et sa Mère. Il n’y a pas plus personnel et concret. Il n’y a pas plus urgent. Et c’est l’unique contenu de la mission apostolique. D’où l’importance décisive de l’établissement dans le monde de la dévotion au Cœur immaculé de Marie, demandé depuis plus de 100 ans : avec les promesses mirobolantes de salut temporel et éternel, les menaces terrifiantes et réelles, et surtout la simplicité désarmante de la réparation demandée.
26 janvier 2026
Homélie aux Funérailles d'un centenaire + 1
Dans un sermon donné devant la Cour en présence du Roi Louis XIV, Bossuet s’est écrié : « l’homme ne s’avise jamais de se mesurer à son cercueil, qui néanmoins le mesure seul au juste. » Splendide rappel de notre condition mortelle. Il faut regretter que de nos jours, il n’y ait plus grand monde avec assez de foi, de courage et de charité pour avertir semblablement les puissants du moment.
C’est pourtant ainsi que parle aussi l’Ecriture, où le Psaume chante par exemple : « l’homme, le nombre de ses années ? Soixante-dix en fait le compte, à quatre-vingt c’est un exploit ! » Quatre-vingt ; quatre-vingt-dix; cent; cent-un.. Quelle fidélité ! Non seulement dans les liens sacrés du Mariage comme on l’a rappelé, mais surtout fidélité de Dieu dans le don qu’il fait de la vie ; et fidélité de l’homme qui vit du don de Dieu jusqu’à ce que l’heure sonne.
Quand on a fait du latin, je vous félicite, on sait que fidélité vient de fides, qui veut dire : la foi. Or justement, au soir de sa vie, l’Apôtre Paul écrit à son cher et fidèle compagnon Timothée. Il ne lui rappelle pas ses campagnes ; ni même ses crimes d’avant sa conversion sur le chemin de Damas. Il lui écrit simplement ceci : « j’ai mené le bon combat : j’ai gardé la foi. Et maintenant, j’attends la récompense. »
Pourquoi donc la foi est-elle méritoire ? La réponse est extrêmement simple : parce que nous croyons sans voir. En soi, nous sommes faits pour voir, d’ailleurs gavés d’écrans, pour toucher, pour penser, faire des abstractions, forger des concepts, raisonner et conclure. Mais rien de tout cela dans les affaires de Dieu. Dieu, personne ne l’a jamais vu, et ce qu’il révèle est absolument en dehors de nos prises ; de sorte que nous devons lui faire confiance à lui, qui ne peut ni se tromper ni nous tromper. Et c’est cela qui est méritoire à ses yeux. Le Christ dans l’Evangile s’est de nombreuses fois émerveillé de la confiance des gens qui ont cru sans voir, et il leur a promis les récompenses.
En revanche, l’infidélité et l’impiété, elles, sont punies. Pourquoi donc ? Logiquement, pour les raisons inverses. Tout le monde sait bien que Dieu existe et qu’il est tout puissant, il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder autour de soi. Nous venons d’entendre le magnifique psaume de la Création : Dieu qui a tout fait, a d’abord tout pensé, tout calculé des êtres et de leurs interactions, puis il a tout créé d’un mot et ce fut fait, et il n’y a pas eu de rappel de produit ni de correction, tout était bon et même très bon, d’emblée.
- Oui, mais toussa c’est le Big Bang, alors..
- Ah bon ? Alors, dis-moi : tu respires combien de fois par jour ?
- …
- Et tu ne dis jamais merci ! Et la nuit.. tu respires la nuit ?
- …
- Voilà, c’est ça, en fait, tu ne manques pas d’air, c’est le cas de le dire ! Et tu te couches en étant sûr que le soleil se lèvera demain matin avant toi pour t’accueillir ; et toujours aucun merci ? à personne ?
- …
- Eh bien, comme l’écrivait Péguy : « quelqu’un qui profite de tout sans jamais dire merci, moi, je trouve ça mal élevé ».
Reste encore une question, qui me concerne et vous concerne, là, pour cette célébration de cet après-midi. Est-ce que nos prières sont utiles à notre cher défunt, et généralement pour tous les défunts ? La réponse est double: pour ce qui est de nos larmes et de notre peine, c’est non. Car nous supportons passivement l’épreuve de notre chagrin, nous n’y pouvons pas grand chose, et lui non plus. Par contre pour les prières, la réponse est oui. Pourquoi ? Parce que nous pouvions ne pas les faire : c’est notre liberté qui donne du prix à nos prières ; et comme nous les faisons pour nos défunts et à leur intention, elles sont comme créditées sur leur compte, si vous me permettez l’expression. Remarquons au passage que faire ces prières, c’est déjà un peu la foi : parce que lui, là, en-deçà, il ne dit rien ; et de l’au-delà, on ne voit pas non plus de retour, donc on peut dire que c’est même de la charité désintéressée !
Effectivement, dans le mystère de la Communion des Saints, Dieu a voulu que nous nous entraidions librement les uns les autres. Et voilà qu’au lieu de faire des croix sur des grilles dans le café d’en-face, nous faisons des croix sur nous-mêmes et sur le cercueil, en l’honneur de Jésus Christ Sauveur et pour notre cher défunt : ah formidable, grâce à lui, machin se souvient qu’il est vaguement chrétien ! Et truc et chose qui disent un Notre Père et un Je vous salue Marie : à cause du défunt, et donc autant pour lui ! Et celui-là, au lieu d’acheter des cartes à gratter comme la semaine dernière, il met 18 € dans une messe pour son ami : au point que les Anges commencent à se dire, mais alors, c’était quelqu’un !
Surtout que, et là nous avançons en eau profonde ou sur les sommets comme vous voudrez : nous allons maintenant offrir le saint Sacrifice de la Messe en suffrage pour le repos de l’âme de notre cher défunt. Qu’est-ce à dire ? Jésus Christ, le Législateur et Juge universel s’est livré lui-même en expiation pour nous sauver. Celui qui va nous juger, a versé son Sang en réparation de nos péchés ! Mais le troisième jour, il est ressuscité des morts et il se donne maintenant lui-même en nourriture : comme en ration de combat, pain pour la route, il donne son Corps vivant et source de vie sous les apparences des hosties consacrées. Et il fait cette promesse : celui qui me mange vivra par moi ; celui qui mange ma chair demeure en moi et moi je demeure en lui, et je le ressusciterai au dernier Jour. Il nous sert lui-même à la table eucharistique, en gage du Festin éternel dans la maison de son Père, où il nous accueillera si nous persévérons dans la foi jusqu’à la fin.
Monseigneur, Aigle de Meaux, la mesure d’un cercueil catholique, est en réalité sans mesure.
03 janvier 2026
La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph
Nous célébrons ce Dimanche la Fête de la Sainte Famille. Les coïncidences avec la fête des Saints Innocents le 28 décembre, et avec l’Evangile selon saint Matthieu, de l’Année A, où le Seigneur dit à saint Joseph : « prends l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte, car Hérode va rechercher l’Enfant pour le faire périr », sont hautement signifiantes ; il est inutile d’y insister. Sinon pour remarquer que les sociétés qui affichent ainsi leurs valeurs comme clé de voûte de tout l’ordre juridique, se condamnent elles-mêmes au pire.
Pour nous, tournons-nous vers l’avenir, préparons la suite ! Contemplons le Mystère et la Grâce de la famille. La famille est la source de l’humanité, la première école d’humanité, et l’archétype de toutes les communautés humaines, par la distinction des sexes, et la distinction des générations. Chaque fois qu’un papa et une maman se rencontrent, l’humanité nous est donnée, comme sortie des mains du Créateur, car la famille est la seule institution qui ait survécu à la chute originelle, moyennant, depuis, les secours de Dieu et la grâce du Christ.
Et là, nous sommes stupéfaits de voir que le Verbe incarné, le Fils de Dieu fait homme, Deuxième Personne de la Trinité, Dieu le Fils en sa sainte Humanité est né dans une famille ; le Maître s’est mis à cette école ! Il a pris chair de la Vierge Marie, et l’éducation paternelle de saint Joseph a fait de lui un homme. C’est si vrai qu’une fois devenu grand, lorsqu’il tente de révéler la Relation éternelle qu’il a à Dieu le Père comme Fils Unique et bien-aimé, nous lisons dans l’Evangile qu’il raconte simplement saint Joseph : « le Père aime le Fils et il lui montre tout ce qu’il fait ; tout ce que le Père fait, le Fils le fait pareillement. »
Tandis que se ferment l’une après l’autre, les portes de l’espérance à la fin du jubilé ordinaire de l’Année Sainte 2025, nous repensons au triple centenaire et cinquante ans des apparitions du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial. En attendant une consécration par la France officielle, les autorités publiques, nous nous rappelons aussi les promesses faites aux familles : parce que chaque famille est une église domestique, un petit royaume sur lequel le Christ ne dédaigne pas de régner.
Avant la bénédiction finale
Que la Bénédiction du Seigneur ravive la grâce des sacrements qui fondent nos familles et scandent leur marche pour la traversée d’ici-bas jusqu’à la Patrie : le Mariage, le Baptême, la Confirmation, la Communion, la Confession.




