10 août 2025

Textes en souffrance - 2 : Discipline liturgique (1)

  

 
Textes choisis sur la discipline de la Liturgie et la vigilance de tous (1)

Trois raisons sont partout répétées :
1. Le Christ se donne lui-même, ce qui appelle un respect absolu et une totale docilité.
2. Les fidèles ont le droit à la Liturgie telle que l’Église l’a établie.
3. Le prêtre est éduqué par la célébration elle-même, à la profondeur de son propre mystère.
 
 
 

Textes choisis sur la discipline de la Liturgie et la vigilance de tous (1)


Trois raisons sont partout répétées :

1. Le Christ se donne lui-même, ce qui appelle un respect absolu et une totale docilité.

2. Les fidèles ont le droit à la Liturgie telle que l’Église l’a établie.

3. Le prêtre est éduqué par la célébration elle-même, à la profondeur de son propre mystère.


PGMR III typica (2002)

24. Ces adaptations, pour la plupart, consistent dans le choix de certains rites ou de certains textes, comme les chants, les lectures, les oraisons, les monitions et les gestes, pour qu’ils répondent mieux aux besoins, à la préparation et à la mentalité des participants, et qui sont confiés à chaque prêtre qui célèbre. Le prêtre se souviendra, cependant, qu’il est au service de la liturgie et qu’il ne peut, de son propre chef, ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la célébration de la messe34.

Sacrosanctum Concilium (Vatican II)

22 § 1. Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l'autorité de l'Église: il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l'évêque.

§ 2. En vertu du pouvoir donné par le droit, le gouvernement, en matière liturgique, appartient aussi, dans des limites fixées, aux diverses assemblées d'évêques légitimement constituées, compétentes sur un territoire donné.

§ 3. C'est pourquoi absolument personne d'autre, même prêtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie.

28. Dans les célébrations liturgiques chacun, ministre ou fidèle, en s'acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques.


Instruction Redemptionis Sacramentum sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie (25 mars 2004)

4 -.. Cependant, «les ombres ne manquent pas». Ainsi, on ne peut passer sous silence les abus, même très graves, contre la nature de la Liturgie et des sacrements, et aussi contre la tradition et l’autorité de l’Église, qui, à notre époque, affligent fréquemment les célébrations liturgiques dans tel ou tel milieu ecclésial. Dans certains lieux, le fait de commettre des abus dans le domaine liturgique est même devenu un usage habituel; il est évident que telles attitudes ne peuvent être admises et qu’elles doivent cesser.

11 - Le Mystère de l’Eucharistie est trop grand «pour que quelqu’un puisse se permettre de le traiter à sa guise, en ne respectant ni son caractère sacré, ni sa dimension universelle». Au contraire, quiconque se comporte de cette manière, en préférant suivre ses inclinations personnelles, même s’il s’agit d’un prêtre, lèse gravement l’unité substantielle du Rite romain, sur laquelle il faut pourtant veiller sans relâche. Des actes de ce genre ne constituent absolument pas une réponse valable à la faim et à la soif du Dieu vivant, dont le peuple de notre époque fait l’expérience; de même, ils n’ont rien de commun avec le zèle pastoral authentique ou le véritable renouveau liturgique, mais ils ont plutôt pour conséquence de priver les fidèles de leur patrimoine et de leur héritage. En effet, ces actes arbitraires ne favorisent pas le véritable renouveau, mais ils lèsent gravement le droit authentique des fidèles de disposer d’une action liturgique, qui exprime la vie de l’Église selon sa tradition et sa discipline. De plus, ils introduisent des éléments d’altération et de discorde dans la célébration de l’Eucharistie elle-même, alors que cette dernière, par nature et d’une manière éminente, a pour but de signifier et de réaliser admirablement la communion de la vie divine et l’unité du peuple de Dieu. Ces actes provoquent l’incertitude doctrinale, le doute et le scandale dans le peuple de Dieu, et aussi, presque inévitablement, des oppositions violentes, qui troublent et attristent profondément de nombreux fidèles, alors qu’à notre époque, la vie chrétienne est souvent particulièrement difficile en raison du climat de «sécularisation».

- 12 - En revanche, tous les fidèles du Christ disposent du droit de bénéficier d’une véritable liturgie - et cela vaut tout particulièrement pour la célébration de la sainte Messe - qui soit conforme à ce que l’Église a voulu et établi, c’est-à-dire telle qu’elle est prescrite dans les livres liturgiques et dans les autres lois et normes. De même, le peuple catholique a le droit d’obtenir que le Sacrifice de la sainte Messe soit célébré sans subir d’altération d’aucune sorte, en pleine conformité avec la doctrine du Magistère de l’Église. Enfin, la communauté catholique a le droit d’obtenir que la très sainte Eucharistie soit célébrée de telle manière que celle-ci apparaisse vraiment comme le sacrement de l’unité, en excluant complètement toutes sortes de défauts et d’attitudes, qui pourraient susciter des divisions et la formation de groupes dissidents dans l’Église.

18 - Les fidèles ont le droit d’obtenir que l’autorité ecclésiastique gouverne la sainte Liturgie totalement et d’une manière efficace, afin que celle-ci n’apparaisse jamais comme «la propriété privée de quelqu’un, ni du célébrant, ni de la communauté dans laquelle les Mystères sont célébrés».

27- Depuis 1970, le Siège Apostolique a fait savoir que toutes les expérimentations liturgiques relatives à la célébration de la sainte Messe, doivent cesser, et il a réitéré cette interdiction en 1988. Par conséquent, chaque Évêque en particulier, de même que les Conférences des Évêques, n’ont en aucun cas la faculté de permettre des expérimentations concernant les textes liturgiques et les autres choses, qui sont prescrites dans les livres liturgiques.

31 - En se conformant à l’engagement pris dans le rite de la sainte Ordination, qui est renouvelé chaque année pendant la Messe Chrismale, les prêtres doivent célébrer «pieusement et fidèlement les mystères du Christ, tout spécialement dans le Sacrifice Eucharistique et le sacrement de la réconciliation, selon la tradition de l’Église, pour la louange de Dieu et la sanctification du peuple chrétien». Ainsi, ils ne doivent pas évacuer la signification profonde de leur propre ministère, en défigurant d’une manière arbitraire la célébration liturgique par des changements, des omissions ou des ajouts. .. Il faut donc être attentif à ce que l’Église de Dieu ne soit pas blessée par les prêtres, qui se sont offerts eux-mêmes au ministère d’une manière aussi solennelle. Au contraire, ceux-ci doivent veiller fidèlement, sous l’autorité de l’Évêque, à ce que des actes de ce genre, qui défigurent la liturgie, ne soient pas commis par d’autres.

59 - L’usage suivant, qui est expressément réprouvé, doit cesser: ici ou là, il arrive que les prêtres, les diacres ou les fidèles introduisent, de leur propre initiative, des changements ou des variations dans les textes de la sainte Liturgie, qu’ils sont chargés de prononcer. En effet, cette manière d’agir a pour conséquence de rendre instable la célébration de la sainte Liturgie, et il n’est pas rare qu’elle aille jusqu’à altérer le sens authentique de la Liturgie.

91 - Au sujet de la distribution de la sainte Communion, .. Ainsi, tout baptisé catholique, qui n’est pas empêché par le droit, doit être admis à recevoir la sainte Communion. Par conséquent, il n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout.

- 92 - Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche. Si un communiant désire recevoir le Sacrement dans la main, dans les régions où la Conférence des Évêques le permet, avec la confirmation du Siège Apostolique, on peut lui donner la sainte hostie. Cependant, il faut veiller attentivement dans ce cas à ce que l’hostie soit consommée aussitôt par le communiant devant le ministre, pour que personne ne s’éloigne avec les espèces eucharistiques dans la main. S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles.

110 - «Que les prêtres célèbrent fréquemment, ayant toujours présent à l’esprit le fait que l’œuvre de la rédemption se réalise continuellement dans le mystère du Sacrifice eucharistique; bien plus, leur est vivement recommandée la célébration quotidienne qui est vraiment, même s’il ne peut y avoir la présence de fidèles, action du Christ et de l’Église, dans la réalisation de laquelle les prêtres accomplissent leur principale fonction».

- 111 - Un prêtre, «même inconnu du recteur de l’église», doit être admis par lui à célébrer ou concélébrer l’Eucharistie «pourvu qu’il lui présente les lettres de recommandation (ou celebret)» du Siège Apostolique, ou de son Ordinaire ou de son Supérieur, délivrées au moins dans l’année, «ou que le recteur puisse juger prudemment que rien ne l’empêche de célébrer». Les Évêques doivent veiller à supprimer les usages contraires.

112 - La Messe est célébrée en latin ou dans une autre langue, à condition d’utiliser les textes liturgiques, qui ont été approuvés selon les normes du droit. À l’exception des Messes, qui doivent être célébrées dans la langue du peuple en se conformant aux horaires et aux temps fixés par l’autorité ecclésiastique, il est permis aux prêtres de célébrer la Messe en latin, en tout lieu et à tout moment.

183 - Selon les possibilités de chacun, tous ont le devoir de prêter une attention particulière à ce que le très saint Sacrement de l’Eucharistie soit défendu contre tout manque de respect et toute déformation, et que tous les abus soient complètement corrigés. Ce devoir, de la plus grande importance, qui est confié à tous et à chacun des membres de l’Église, doit être accompli en excluant toute acception de personnes.

184 - Il est reconnu à tout catholique, qu’il soit prêtre, diacre ou fidèle laïc, le droit de se plaindre d’un abus liturgique, auprès de l’Évêque diocésain ou de l’Ordinaire compétent équiparé par le droit, ou encore auprès du Siège Apostolique en raison de la primauté du Pontife Romain. ..

186 - .. Les Évêques, les prêtres et les diacres, dans l’exercice de leur ministère sacré, doivent s’interroger en conscience sur l’authenticité et sur la fidélité des actions qu’ils accomplissent au nom du Christ et de l’Église dans la célébration de la sainte Liturgie. Chaque ministre sacré doit s’interroger, et même sérieusement, sur le point de savoir s’il a respecté les droits des fidèles laïcs, qui, avec confiance, se confient eux-mêmes et confient leurs enfants aux bons soins de leur ministère avec la conviction que tous exercent consciencieusement en faveur des fidèles ces fonctions, que, l’Église, par mandat du Christ, a l’intention d’accomplir en célébrant la sainte Liturgie. En effet, il faut que chacun se souvienne toujours qu’il est le serviteur de la sainte Liturgie.

Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis (22 février 2007)

38. .. En effet, le premier moyen de favoriser la participation du peuple de Dieu au Rite sacré est la célébration appropriée du Rite lui-même. L'ars celebrandi est la meilleure condition pour une actuosa participatio. (114) L'ars celebrandi découle de l'obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité, puisque c'est justement cette façon de célébrer qui a assuré, depuis 2000 ans, la vie de foi de tous les croyants, qui sont appelés à vivre la célébration en tant que peuple de Dieu, sacerdoce royal, nation sainte (cf. 1 P 2, 4-5.9). (115)

40. En soulignant l'importance de l'ars celebrandi, on met par conséquent en lumière la valeur des normes liturgiques. … les grandes richesses de la Présentation générale du Missel romain et de la Présentation des Lectures de la Messe… En réalité, ces textes contiennent des richesses qui conservent et qui expriment la foi et le chemin du peuple de Dieu au long des deux millénaires de son histoire. … La simplicité des gestes et la sobriété des signes, effectués dans l'ordre et dans les moments prévus, communiquent et impliquent plus que le caractère artificiel d'ajouts inopportuns. L'attention et l'obéissance à la structure propre du rite, tout en exprimant la reconnaissance du caractère de don de l'Eucharistie, manifestent la volonté du ministre d'accueillir, avec une docile gratitude, ce don ineffable.

Lettre aux Evêques à propos de Summorum Pontificum (7 juillet 2007)

Je parle d’expérience, parce que j’ai vécu moi aussi cette période, avec toutes ses attentes et ses confusions. Et j’ai constaté combien les déformations arbitraires de la Liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l’Eglise.

L’usage de l’ancien Missel présuppose un minimum de formation liturgique et un accès à la langue latine; ni l’un ni l’autre ne sont tellement fréquents. De ces éléments préalables concrets découle clairement le fait que le nouveau Missel restera certainement la Forme ordinaire du Rite Romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles.

Les deux Formes d’usage du Rite Romain peuvent s’enrichir réciproquement: dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. La Commission « Ecclesia Dei », en lien avec les diverses entités dédiées à l’usus antiquior, étudiera quelles sont les possibilités pratiques. Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; c’est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel.

Il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum. L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste… Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté.

 
 

Basclergeensabots

La Vieille Poste, 3 octobre A.D. 2024

09 août 2025

Textes en souffrance - 1 : Sacerdoce

 

Quelques textes sont restés en souffrance depuis des mois. Le début du nouveau pontificat où nous nous prenons à croire que des choses peuvent se passer, semble propice pour leur publication. C'est en plus aujourd'hui 9 août, le 44ème anniversaire de mon ordination sacerdotale, à Saint Pierre d'Entremont; raison pour laquelle les photos seront des photos de Chartreuse. 

On a déjà compris que l'Eglise ne parviendra pas à s'arracher à ses ornières, sans le secours énorme de son Maître et Seigneur, Jésus Christ. Mais nous devons désormais prendre en compte que cela ne sera pas sans le consentement courageux et du fond de l'âme à une remise en cause radicale de tout ce que nous avons cru avoir de meilleur; ébranlement  commencé paradoxalement par François avec le Motu Proprio "Traditionis Custodes", qu'à vrai dire nous avons bien pris soin de mésentendre. Et là, nous sommes tous et chacun concernés, car nous n'échapperons pas à la Parole mystérieuse du Christ : celui qui a, on lui donnera encore; mais celui qui n'a pas se fera enlever même ce qu'il a.

Voici, pour commencer, le script des trois dernières chroniques faites sur Radio Espérance en juin 2024, sur le Sacerdoce.

Téléchargeable en pdf

 

SACERDOCE

- I -

Nous consacrons les toutes dernières chroniques du mois de juin, à parler du sacerdoce. Bien sûr, parce qu'avec la fin de l’année scolaire dans les Séminaires, c'est le temps des ordinations avant l'été, où les jeunes ordonnés pourront déjà exercer le ministère reçu ; avec la focalisation significative sur la solennité de saint Pierre et saint Paul, soulignant que les prêtres participent comme collaborateurs des Évêques de la mission apostolique universelle ; ainsi que la solennité de saint Jean-Baptiste, dont on sait que le Curé d’Ars, patron des prêtes de France et de tous les curés de l'univers, l'avait pris comme modèle en rajoutant son nom au sien au moment de sa Confirmation, expliquant que comme Saint Jean Baptiste, il amènerait les foules au Christ, ce qui fut fait. Mais, beaucoup moins folichon, c'est surtout parce que le sacerdoce continue d'être malmené : nous avons encore un problème avec les prêtres. Non pas cette fois, à cause des abus qu'ils commettent, ni les abus qu'ils subissent déjà comme séminaristes, encore et toujours et plus que jamais ; mais parce que le sacerdoce est de plus en plus dénaturé dans l’Église actuelle, le mot est précis théologiquement, et parce qu'il est probablement soluble dans la liturgie tel qu'elle est de plus en plus célébrée de partout.

Mais pourtant, le sacerdoce est l'amour du Cœur de Jésus, comme disait saint Jean-Marie Vianney, c'est-à-dire jaillissant de son Cœur au moment de son plus grand amour : lorsque donnant sa vie pour ses amis, il institue par les mêmes gestes et les mêmes paroles, de façon simultanée, l’Eucharistie et le Sacerdoce, dont la fonction essentielle est d'en assurer la célébration de génération en génération. Pouvons-nous le redire ? Il s'agit de la mise en œuvre par nous, pauvres hommes, de l'acte d'offrande du Saint Sacrifice de la Messe par Jésus en personne, le même qui s'offrit sur la Croix et qui s'offre encore sacramentellement à la Messe, par les mains du prêtre. On comprend que le Crucifix que Notre Dame montre à Pontmain, soit rouge et écarlate. Or, se répand dans le Peuple de Dieu de plus en plus largement, le sentiment diffus que quelque chose ne va pas, et qui appellerait une sorte de remise en cause de fond en combles, de ce qu’on croyait avoir fait de meilleur.. impossible ! Exactement, c’est sidérant d’y penser, comme dans la société civile, de plus en plus de gens perçoivent que la relation fondamentale du Pouvoir aux gens, est totalement faussée ; sans réussir à penser, toutefois, qu'il faudrait alors remettre en cause les fondements idéologiques les plus sacrés du régime en place. Mais jusqu'à quand pourrons-nous différer l’œuvre de vérité qui, pour crucifiante qu'elle puisse être, doit seule nous libérer ?

Au passage, disons bien fort que le mot « complotiste » ne sert qu'à neutraliser ceux qui tâchent d’échapper aux comploteurs, exactement comme l'accusation de « cléricalisme » sert surtout à disqualifier ceux qui s’opposeraient aux abus dans l’Église et s’efforceraient d’y remédier. Avant de mener notre petite enquête, posons a priori la base de l'esprit catholique, dont on ne peut trouver expression plus claire, que dans la première Lettre aux Corinthiens, par deux fois : à savoir qu'il n'y a jamais dans l’Église de retournement à 180 degrés, mais seulement un développement organique et harmonieux, qui fait éclore doucement et porter du fruit aux splendeurs divines du dépôt sacré de la Révélation et du Salut ; pour la gloire de Dieu, l'édification de l’Église, notre joie, et la confusion de l'adversaire. « Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes, par lequel aussi vous vous sauvez si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ; sinon vous auriez cru en vain. Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu.. » et il annonce alors la Résurrection du Christ. Mais juste avant il avait aussi transmis le mystère de l’Eucharistie en ces termes : « Pour moi, en effet, j'ai reçu du Seigneur ce qu’à mon tour je vous ai transmis. Le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain et après avoir rendu grâce le rompit, etc.. ».

Et donc, le Concile Vatican II ne doit pas être pris comme un commencement absolu, évidemment, ou comme le résumé exclusif de tout ce qu'est la vie ecclésiale ; ni 1789 dans l'Église, comme l’a avoué follement un cardinal à l’époque : mais un simple aggiornamento, c'est-à-dire l'adaptation de ce qui vient des circonstances seulement, au rythme nouveau de nos existences ; et nullement un changement de la réalité chrétienne, encore moins l’abolition de ce qui a précédé, ni le délire de son interdiction téméraire. La seule loi ici dans l'Église, c'est la foi et les meurs : tout le reste est libre. Et là, pensons à cet avertissement de saint Paul dans la lettre aux Galates : « Il y a seulement des gens en train de jeter le trouble parmi vous, et qui veulent bouleverser l’Évangile du Christ. Eh bien, si nous-mêmes, si un ange venu du ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème. Nous l'avons déjà dit et aujourd'hui je le répète, si quelqu'un vous annonce un Évangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème. Il ne saurait être question de plaire aux hommes, mais à Dieu. »


- II -

En fait de sacerdoce, on est quand même parti de très loin ; ou plus exactement, on est allé très loin. Pas la peine de réécouter les chroniques quotidiennes de l'Année sacerdotale 2009-2010. Quand, loin d'imaginer d'inventer du nouveau, on s'est émerveillé des documents très riches, spirituellement, doctrinalement et disciplinaires, généralement oubliés, s'ils n'avaient été simplement ignorés. Toujours actuelle donc, puisque depuis toujours dans l'église, la présentation que fait saint Thomas d'Aquin du sacrement de l'Ordre à partir du sacrement de l’Eucharistie, reprit en cela par le concile de Trente : l’Eucharistie étant le Très Saint Sacrement, elle appelle la consécration non seulement de ses édifices et des objets de son culte, mais aussi des personnes qui la célèbrent. Le sacrement de l'Ordre est donc le sacrement qui consacre des personnes au service de l’Eucharistie : le sacerdoce qui donne le pouvoir de la célébrer, et les autres degrés dont le nombre et la dignité s'expliquent par leur proximité à l’Eucharistie. Ainsi du degré du Diaconat, qui n'est pas sacerdotal dans le sacrement de l'Ordre, parce qu'il ne célèbre pas l’Eucharistie, mais la distribue seulement ; et ainsi des ordres mineurs. Prolongée à Vatican II dans Lumen Gentium, comme pierre angulaire de la communion hiérarchique du Peuple de Dieu : nous lisons au numéro 10, « le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, qui ont entre eux une différence de nature et non pas seulement de degré, sont cependant ordonnés l'un à l'autre, puisque l'un comme l'autre participe à sa façon de l'unique sacerdoce du Christ. » Ce qui, somme toute, recoupe la distinction spontanée du sens commun, et même parmi les non-chrétiens : les hommes de Dieu d'une part, les simples fidèles d'autre part.

Mais comme l’Écriture elle-même emploie le mot « sacerdoce » aussi à propos de la consécration baptismale « prêtre, prophète et roi » de tous les fidèles, la distinction essentielle entre les deux va faire naufrage dans les eaux bouillonnantes de l’après-concile. Et voici comment : pas du tout par déviance ni abus, mais très officiellement en 1972, Paul VI motu proprio Ministeria Quaedam, supprime les quatre premiers degrés du sacrement de l'Ordre, qu’il remplace par des ministères laïcs, réduits à deux, lectorat et acolytat, éventuellement ouverts à la création d'autres ministères, réservés toutefois aux hommes, malgré un changement décisif d'orientation ; puisqu'on ne regarde plus vers l’Eucharistie au service de laquelle on serait consacré, par ce qui n'est déjà plus un sacrement, mais des ministères au service de la communauté. On a d'ailleurs du même mouvement, supprimé la tonsure et la prise de soutane qui l’accompagnait, pour renvoyer l'entrée dans l'état clérical au Diaconat, désormais premier degré du sacrement de l'Ordre. De sorte que l'homme jeune qui rentre au Séminaire après une année de propédeutique, où on aura bien veillé à offrir à son discernement toutes les vocations non seulement sacerdotales mais aussi religieuses et laïques, va parcourir les nombreuses années de la voie de sa formation sacerdotale, de nature prétendument différente de la voie baptismale commune, en n’ayant pour seules étapes scandant sa progression, que la réception des ministères qui sont identiquement ceux des laïcs ; désormais ouverts aussi aux femmes, ce qui interdit toute équivoque.

D'autant que, au moment où l'on forgeait la liturgie actuelle, la très belle Préface de la messe chrismale dans le Missel Romain, voit dans le Saint-Chrême les merveilles de l'onction des Baptisés, avec l'expression « dignité du sacerdoce royal », pour enchaîner avec le choix « des hommes qui, en recevant l'imposition des mains, auront part à son ministère », et donc on se dit : mais où est donc le sacerdoce ? Et en se reportant à la Préface de la liturgie traditionnelle, ô surprise, aucune mention des prêtres !.. Puisque le mémorial de l'institution du Sacerdoce des Prêtres, ce sera le soir du Jeudi Saint, en même temps que l'institution de l’Eucharistie, comme le donne à voir le Lavement des pieds, de douze hommes représentant les Douze Apôtres ; tandis que la messe chrismale du Jeudi matin est tout orientée sur la célébration des Sacrements de l'Initiation Chrétienne que recevront les baptisés de la nuit de Pâques, avec ces mêmes Huiles. Deux messes distinctes donc, pour deux Mystères qui ont entre eux une différence de nature et non pas seulement de degré.

Au contraire, avoir ajouté à la messe des Saintes Huiles le matin, une mention des prêtres et leur demander de renouveler leurs promesses sacerdotales, c'est les placer dans l'optique baptismale au service de laquelle ils sont établis par leur ministère ; dont le partenariat avec le Peuple de Dieu est comme renouvelé chaque année, finalement très loin de la consécration du sacrement de l'Ordre, au service de l'offrande du Saint Sacrifice Rédempteur et du culte eucharistique.. Prêtre pour l'éternité. On comprend alors ce qu'il y a de choquant à obliger les prêtres suspects, à participer à cette messe sous peine de disqualification ; et le scandale à exiger qu'ils y concélèbrent, malgré toutes les lois encore en vigueur qui garantissent leur liberté. Surtout quand cette messe chrismale est sortie du Triduum pascal et anticipée le plus souvent au Mardi Saint, comme si « le grand sacrement de toute l’Église ne naissait pas du côté du Christ endormi sur la croix ».


- III -

L'expérience abominable de ces dernières années à l'échelle mondiale, a confirmé l'efficacité massive du principe de l'injonction contradictoire : pour prendre le contrôle des populations et les soumettre, rien de plus simple, rien de mieux que de leur imposer des incohérences nécessaires ; véritable viol de l'esprit lui-même, qui anéantit la capacité de comprendre et détruit la pensée, dont la version vulgaire est le « deux poids, deux mesures ». Or il devient de plus en plus difficile de ne pas se rendre compte, que tel est le régime aussi dans la sainte Église de Dieu, et depuis fort longtemps. En fait, depuis qu'une minorité dite progressiste, se perpétue grâce à ce mode opératoire récurrent du cléricalisme triomphant. Car des contradictions énormes sur des vérités majeures de la Foi, nous en avons dès que nous entrons dans une église ; et leur effet confondant, c'est le cas de le dire, s'impose à nous dès que la messe commence.

Notre Seigneur Jésus-Christ est en principe le Maître, le Chef, la Tête de l’Église, et nous professons qu'il est réellement et substantiellement présent sous les espèces eucharistiques conservées au tabernacle. Or, ce n'est pas du tout cette Présence qui nous saisit d'emblée, puisque le tabernacle n'est pas au milieu du sanctuaire, et possiblement dans une chapelle latérale, voire dans un autre lieu ; pour les meilleures raisons du monde, et hautement spirituelles. Mais, en vrai, n'est-ce pas donner à comprendre, d'ailleurs c'est explicite dans les instructions, que cette présence-là gène le bon déroulement de la célébration ? Car lorsqu'il y a un maître-autel avec un tabernacle monumental, on l'utilise quand même malgré tout, parce que c'est plus pratique au moment de la communion. Mais, naturellement, la célébration a lieu sur une table ou un autel portatif qui sera placé devant ou en bas des marches, pour qu'on puisse en faire le tour. Et, de fait, c'est ce petit meuble que le célébrant en arrivant, après dans le meilleur des cas une génuflexion protocolaire vers le tabernacle, va vénérer d'un baiser, puis encenser comme si c'était Jésus lui-même ; alors qu'il lui tourne le dos au tabernacle, en l’ignorant superbement pendant toute la messe ! Comment donc les prêtres pourraient-ils ne pas être en court-circuit permanent, et éventuellement disjoncter carrément, à subir pareil traitement, quotidiennement, on nous ment, et au cœur de l'Action la plus sublime de leur ministère.

Et avant eux les Séminaristes, dont toute la formation se déroule sous le signe de la même injonction contradictoire. Ce dont on peut se convaincre, si l'on superpose les premiers numéros du Directoire pour le ministère et la vie des prêtres, disons le produit fini ; et les premiers numéros de la dernière Ratio Fundamentalis promulguée par Rome et appliquée par chaque Conférence épiscopale pour son territoire, qui donne le plan de formation. En 2013, au numéro 1, le Directoire, en une fulgurance capitale, formule le fondement et la clé de voûte du sacerdoce catholique en ces termes : « le sacerdoce ministériel trouve sa raison d'être dans cette perspective de l'union vitale et opérationnelle de l’Église avec le Christ. En effet, grâce à ce ministère, le Seigneur continue à exercer au milieu de son peuple, les fonctions qui ne reviennent qu'à lui en tant que Tête de son Corps ». Autrement dit, il n'est pas dans l’Église comme l'une de ses fonctions, mais il survient continuellement comme Jésus en personne. Et le Directoire explique : « le sacerdoce ministériel prouve que le Christ n'a pas abandonné son Église, mais qu'il continue à lui donner la vie grâce à son sacerdoce éternel. Ce don institué par le Christ, a d'abord été conféré aux Apôtres, et se continue dans l’Église à travers leurs successeurs les Évêques, qui le transmettent à un degré subordonné aux prêtres. »

Mais en 2016, nous lisons au numéro 3 de la Ratio Fundamentalis exactement l'inverse : « la formation des prêtres s'inscrit dans la continuité d'un unique cheminement de formation du disciple, qui commence avec le baptême, se perfectionne avec les autres sacrements de l'initiation chrétienne, est accueilli comme point central de sa vie au moment de l'entrée au Séminaire, et se poursuit tout au long de l'existence ». Et plus loin « la vocation au sacerdoce ministériel s'insère dans le cadre plus large de la vocation chrétienne baptismale » ; tandis qu’en 2013, le Directoire affirme : « par l'ordination sacramentelle, il se produit dans le prêtre un lien ontologique spécifique qui unit le prêtre au Christ, Prêtre suprême et Bon Pasteur ». Alors qu'en 2016, la Ratio est passée à autre chose : « la vie entière d'un prêtre depuis le moment de son appel est une formation continue, celle d'un disciple de Jésus, docile à l'action de l’Esprit Saint, pour le service de l'Église ». Circulez, il n'y a plus rien à voir, c'est là en effet le lot de tout Baptisé.

Ce qu'il faut comprendre finalement, c'est que les prêtres ont été pris en otages de conflits qui n'auraient jamais dû advenir dans l'Église : et pour résoudre les difficultés, on a dépecé le Sacerdoce ; altérant si gravement la structure de l'Église, qu'Elle ne semble plus vouloir se reprendre. Mais les Prêtres sont encore le moyen et le gage du relèvement de l'Église et de la réhabilitation du Sacerdoce, par l'œuvre de la Messe Perpétuelle : demandée par le Sacré-Cœur dans les années 20 et jusqu'aujourd'hui encore refusée ; mais préparée dans l'invisible. Car après ce qu'il est convenu d'appeler le cataclysme, elle sera selon les mots de Claire Ferchaud : la sublime adoration, la profonde action de grâce, l'intégrale expiation, l’irrésistible imploration.

 

basclergeensabots

juin A.D. 2024

25 mai 2025

SORTIE DE CRISE

 SORTIE DE CRISE
par l'analogie.
La métaphysique au service de la Liturgie
 

 

 

Le Christ reçoit l’Onction de l’Esprit Saint qui le consacre Chef de l’Église et Tête du genre humain, Souverain Prêtre et Roi, à l’instant de l’Incarnation (1). Le noyau théologique réel de la Messe est donc la Dédicace du Fils bien-aimé à son Père, vécue par le Verbe incarné dans l’offrande de sa sainte Humanité, en expiation de tous les péchés passés, présents et futurs, « pour nous les hommes et pour notre salut » ; son Corps est une vraie nourriture, son Sang une vraie boisson. Cet exercice du Culte véritable, caché en Dieu avant la fondation du monde, manifesté et réalisé au temps de l’Incarnation, accompli aux Trois Jours Saints de Pâques, se célèbre désormais en plénitude dans la gloire du Ciel et ici-bas sous les espèces sacramentelles. Il y a donc analogie au sens fort, analogie de proportion et de participation, lorsque nous considérons le mystère de la Messe : en Dieu ; dans les préfigurations anciennes ; en vérité à partir des jours de la vie terrestre du Christ ; sanglant au Calvaire une fois pour toutes ; sacramentel dans le temps de l’Église ; glorieux dans l’éternité.

L’analogie s’applique également à la messe d’avant et d’après le Concile. Elle éloigne la tentation d’univocité quand on envisage la messe telle qu’avant Vat II (la messe de toujours, c’est la Messe éternelle); elle conjure la tentation d’équivocité quand on regarde la messe telle qu’après Vat II (il n’y a plus aucune messe pareille, et tout est messe). Qui dit analogie dit unité et différences, ressemblance et dissemblances plus grandes encore, sachant que le Mystère excède toujours ce que nous en comprenons et que nous mettons en œuvre. Par conséquent, pour mettre à profit toute la richesse de l’analogie, ne réduisons surtout pas l’un des termes à l’autre : en croyant interdire l’un ou en voulant supprimer l’autre ; en cherchant à retrouver tous les éléments de l’un dans l’autre et réciproquement, comme doublons à la sensibilité différente ; en forgeant de son propre chef un troisième terme monstrueux, composé des dépouilles de l’un et de l’autre.

Ce qu’il faut, au contraire, c’est considérer qu’avant Vat II, la sacralité s’exprime dans l’objectivité des éléments de la Messe ; et qu’après Vat II, la sacralité investit les personnes dans leur consécration, respectivement dans le sacerdoce royal des Baptisés, et dans le sacerdoce ministériel reçu par l’Ordre, qui confère le pouvoir sacré d’agir « in Persona Christi Capitis ». D’où la ressemblance et les dissemblances plus grandes encore, dans la disposition de la Messe, son déroulement et le détail de ses rubriques : court-circuiter cela, c’est faire perdre à la célébration sa cohérence ; raison pour laquelle la discipline liturgique l’interdit, tant avant qu’après le Concile.

De fait, la célébration de l’Eucharistie a été recalée de nombreuses fois par l’autorité compétente depuis une cinquantaine d’années, pour contrer les déviances et revenir à la demande conciliaire d’une liturgie allégée et mieux adaptée à la mentalité et au rythme nouveau de nos existences, certainement pas pour une rupture qui fait table rase du passé, typiquement révolutionnaire et contraire à la Foi, laquelle reconnaît dans la Tradition l’une des deux Sources du dépôt sacré de la Révélation, avec l’Écriture Sainte (2). A la célébration « venant au peuple » dévoyée en spectacle, à la prépondérance indue de « l’animation » sur l’Action sacrée, à la banalisation de la Communion, une réponse prudentielle ferme et claire ne peut faire défaut, pour honorer la dimension surnaturelle et essentiellement cultuelle de la Messe.

C’est précisément cela que souligne l’orientation « vers le Seigneur »  en vue du Sacrifice; sans renoncer pour autant à la manifestation du rassemblement eucharistique du Peuple de Dieu comme fruit de la mort de Jésus (cf. Jn 11, 51-52). Tandis qu’on expérimente l’Église en chemin dans l’amplification du lectionnaire, des Préfaces et du Sanctoral, avec le souci d’édifier le peuple chrétien ; on doit pouvoir aussi manifester l’irruption du Culte éternel et l’éminence de la Présence réelle dans une messe inchangée depuis des siècles, avec le souci de rendre à Dieu ce qui lui est dû. Celle-ci semble une messe « de combat » tournée vers la Patrie à laquelle on aspire et qu’il faut mériter ; celle-là semble déjà « attablée » au festin du Ciel alors qu’on est encore sur la terre en butte aux persécutions.

On l’aura compris : c’est toujours analogiquement LA messe. Tout a été dit et redit jusqu’à l’écœurement. Ne risquons pas maintenant de nous trouver en guerre contre Celui qui s’offrît une fois sur le Calvaire, le même qui s’offre encore aujourd’hui par les mains des Prêtres, à l’Heure suprême. Car nous ne prenons pas en compte que Jésus Christ, peut-être, s’empare à nouveau de SA Messe. Il nous faut réfléchir sérieusement à la demande de la Messe Perpétuelle il y a cent ans : « C’est donc au nom de l’Univers qu’un Autel sur un point précis, ferait monter vers le Père, Dieu Éternel, sans interruption le Seul Très Saint, l’Unique efficace Sacrifice de l’Agneau sans tache, la sublime adoration, la profonde action de grâce, l’intégrale expiation, l’irrésistible imploration » (Les Rinfillières). Le remède aux fractures de la Hiérarchie, il est là, et le baume sur les blessures du Peuple de Dieu ; la Consolation de l’Église, l’espérance du monde.

L’œuvre de la grâce dans le temps qui passe, la bienveillance des pasteurs et le sens de la foi des fidèles, feront doucement le tri du bon grain et de l’ivraie, en reconnaissant à ses fruits ce qui est de Dieu, comme à toutes les époques de l’Église. Mais pour restaurer la confiance fraternelle dans l’Église, les prêtres doivent dores et déjà servir loyalement, et apprendre dès le séminaire, l’intégralité ANALOGIQUE de LA Messe, et la proposer à tous, dans l’immense respect de la Personne de Jésus Christ qui s’y donne pour la gloire de Dieu et le salut du monde. De même, les fidèles doivent tranquillement s’enrichir de l’immensité de la Liturgie romaine, en s’affranchissant des querelles de clercs, qui n’auraient jamais dû être les leurs. Ainsi, par exemple, les chorales qui accompagnent habituellement la messe comme avant le Concile, peuvent animer l’autre, en rajoutant facilement à leur répertoire deux acclamations grégoriennes : « Mortem tuam annuntiamus » et « Quia tuum est regnum ». De même, ceux qui participent habituellement à la messe comme après le Concile, peuvent retrouver les mêmes formulations latines dans l’autre que l’on suit normalement avec un missel bilingue, privilégiant le recueillement intérieur en la présence d’un si grand Mystère.

Prenons garde, en tout cas, à cet avertissement du Sacré-Cœur, en forme de promesse gravée sur les coteaux des Rinfillières :

« Quand je verrai, dans ce lieu que j’ai spécialement choisi pour répandre sur le monde Mon Amour Miséricordieux, les foules à genoux et demander pardon, mon Père fera grâce, et Mon Cœur apparaîtra dans le triomphe de la Paix, sur une France régénérée. 6-11-1925.

Cœur de Jésus, l’heure est venue, avancez triomphez régnez. »

Basclergeensabots

La Vieille Poste, 24 mai A.D. 2025, mém. de la Vierge Marie, Secours des Chrétiens

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(1) Cf. Hb 10 ; SC 7 « Effectivement, pour l'accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s'associe toujours l'Église, son Épouse bien-aimée, qui l'invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel. C'est donc à juste titre que la liturgie est considérée comme l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, exercice dans lequel la sanctification de l'homme est signifiée par des signes sensibles et est réalisée d'une manière propre à chacun d'eux, dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus-Christ, c'est-à-dire par le Chef et par ses membres. Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu'œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l'Église, est l'action sacrée par excellence dont nulle autre action de l'Église ne peut atteindre l'efficacité au même titre et au même degré »; S. Th. 3, 8, 5 et 3m « … grâce d'union, grâce personnelle et grâce de chef sont essentiellement une seule et même grâce, avec une distinction de pure raison ».

(2) DV 10 « La Tradition sacrée et la Sainte Ecriture constituent l'unique dépôt sacré de la parole de Dieu qui ait été confié à l'Eglise; en y étant attaché, le peuple saint tout entier, uni à ses Pasteurs, persévère à jamais dans la doctrine des Apôtres… Mais la charge d'interpréter authentiquement la parole de Dieu écrite ou transmise a été confiée au seul Magistère vivant de l'Eglise, dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ. Ce Magistère n'est pas au-dessus de la parole de Dieu; il la sert, n'enseignant que ce qui a été transmis, puisque, en vertu de l'ordre divin et de l'assistance du Saint-Esprit, il écoute pieusement la parole, la garde religieusement, l'explique fidèlement, et puise dans cet unique dépôt de la foi tout ce qu'il nous propose à croire comme étant divinement révélé. Il est donc évident que la Tradition sacrée, la Sainte Ecriture et le Magistère de l'Eglise sont entre eux, selon le très sage dessein de Dieu, tellement liés et associés, qu'aucun d'eux n'a de consistance sans les autres, et que tous contribuent en même temps de façon efficace au salut des âmes, chacun à sa manière, sous l'action du seul Saint-Esprit.


20 mai 2025

Missa pro Pontifice Leone XIV

 


 Nous célébrons aujourd’hui, comme la Liturgie nous en donne la possibilité, la messe pour le Pape Léon XIV dont nous venons de suivre l’inauguration solennelle du pontificat Dimanche ; et la coïncidence liturgique nous fait entendre dans l’Evangile d’aujourd’hui : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ». Le soir de son élection, le Saint-Père avait salué la foule massée Place Saint-Pierre en lui adressant les mêmes paroles de Jésus ressuscité : « la paix soit avec vous ». Nous avons immédiatement compris qu’il mettait son ministère sous le signe de l’artisan de paix.

Mais nous rentrons aussi du Pèlerinage Militaire International à Lourdes, anticipation prophétique de ce que pourrait être la paix des Nations : chacune avec son Drapeau, sa garde au drapeau, ses officiels et ses pèlerins, tous rassemblés dans la ferveur et la joie fraternelle, par Marie et auprès d’elle, la Mère de Dieu et notre Mère. Un peu la même vision que sur la place Saint-Pierre, en présence de chefs d’États et de gouvernements, avec les foules venues de tous les pays, et des drapeaux ça et là parmi les fidèles, malgré les recommandations de ne pas les agiter pour rester dans le recueillement et la joie fraternelle, rassemblés par le Saint-Père et auprès de lui.

On ne dit pas assez souvent que la sainte Eglise Catholique avec à sa tête Rome, est le seul cas dans toute l’histoire du genre humain, d’un rassemblement de toutes les Nations souveraines, dans une égale dignité dont l’ordre protocolaire est l’ordre alphabétique, dans la liberté des enfants de Dieu rassemblés par Jésus Christ à la gloire du Père. Vous cherchez la paix universelle ? Elle est là, réalisée et concrètement donnée ! C’est le seul cas dans toute l’histoire de l’humanité… Un peu agaçant, non ?... Oui ! Mais c’est comme ça, il n’y en a pas d’autre. Les empires ? Ils rassemblent les nations, dans une poigne de fer tyrannique avec ou sans gant de velours démocratique. Le sport ? On a vu ce que cela pouvait donner au Stade de France, avec les écossais ou les anglais, je ne sais plus.. Quant aux Jeux Olympiques : ah, l’universalisme retrouvé de l’Antiquité, mais tels sportifs ne sont pas autorisés à concourir sous les couleurs de leur pays ; et telle autre nation est carrément interdite de Jeux.. Alors ?

Alors, pourquoi Jésus Christ est-il donc le seul à apporter la paix aux hommes ? La fin de l’Evangile que nous venons d’entendre nous le fait comprendre : « voici qu’il vient le prince de ce monde, sur moi, il n’a aucun pouvoir ». Jésus Christ est le seul à apporter la paix au monde, parce qu’il a vaincu le Mal : non pas seulement étant vrai Dieu, mais aussi dans sa sainte Humanité, en tant qu’Homme. C’est ce qu’il explique juste avant : « le Père est plus grand que moi » ! Mais les Personnes divines ne sont-elles pas égales ? Certes. Mais lui, le Fils, Deuxième Personne de la Trinité, est le Verbe Incarné, « il s’est fait homme, se faisant semblable aux hommes » ; et juste après : « il faut que le monde sache que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé ». Jésus Christ est le seul à apporter la paix au monde, parce que « reconnu à son aspect pour un homme, il s’est abaissé, se faisant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la Croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé et lui a donné le Nom qui surpasse tous les noms au ciel, sur terre et dans les enfers ».

Tel est le noyau mystique, le Coeur Sacré du mystère et du don de la paix, laquelle procède continuellement de l’offrande que Jésus Christ fait de lui-même, en expiation des péchés, pour la rédemption et le salut de ceux qu’il ne rougit pas d’appeler ses frères, quand il se présente au Père en disant : « me voici ! Moi, et les enfants que tu m’as donnés ». Quand surviendra le chaos et pour en sortir, fasse le Ciel que nous puissions nous en souvenir, et instaurer promptement la Messe Perpétuelle demandée depuis plus de cent ans.

La version apostolique de ce même mystère de la paix universelle, impliquant cette fois notre engagement chrétien, se trouve dans les derniers versets de l’Evangile selon saint Matthieu : « tout pouvoir m’a été donné au Ciel et sur la terre. Donc, allez ! De toutes les Nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et apprenez-leur à observer mon commandement. Et moi, Je Suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

Nous l’avons vu il y a deux jours à Rome ; pendant trois jours à Lourdes. Voilà. C’est tout !

 



07 mai 2025

Missa Pro eligendo Pontifice

 

Bossuet disait dans un sermon auquel assistait le roi: l'homme ne s'avise jamais de se mesurer à son cercueil, qui seul, néanmoins, le mesure au juste. Le Pape François est mort; et soudain nous repensons, que celui qui comme ses prédécesseurs, avait le pouvoir suprême des "Clefs" entre les mains, n'était que le dépositaire d'un service, serviteur des serviteurs de Dieu, sur lequel il vient de passer en jugement au Tribunal du Christ.

C'est qu'on ne remplace jamais le Christ avec arrogance; on le rend présent avec crainte et tremblement, pour des fonctions qu'il exerce seul, et toujours lui-même en Personne : "in Persona Christi Capitis", dans la Personne du Christ, Chef et Tête.

Il est important de le redire, à cause de la dérive universelle, dans les sociétés et dans l'Eglise, d'une conception tyrannique de l'obéissance, comme soumission formelle à l'autorité. Alors qu'en réalité, l'homme doit toujours obéir en conscience, c'est-à-dire en se rendant compte de la vérité et de la justesse de ce qu'on exige de lui: il peut alors le donner librement, de tout son être, et même au prix de sa vie.


16 mars 2025

Dimanche II Carême C

 


La Parole de Dieu, ce Dimanche, est un véritable festin, même si ce qui est dit dans la première lecture est peu ragoûtant : ces carcasses d’animaux fraîchement tués, desquelles il faut déjà éloigner les vautours ! Nous sommes aux premiers chapitres de la Genèse : on avait l’histoire de la Création, et commence maintenant l’histoire du salut et de la perdition. Dieu dit à un homme : « va-t-en de là, sors, et je te dirai où aller » ; et suscitant un écho dans le cœur de cet homme, il fait alliance avec lui et sa descendance.

Le procédé est quelque peu archaïque, c’est la Genèse ! Voici comment cela se passait : les contractants sacrifiaient des animaux, puis ils passaient l’un après l’autre entre les morceaux sanguinolents. L’alliance était claire : entre nous, c’est à la vie et à la mort, nous sommes du même sang ; avec une menace non voilée : si tu n’es pas fidèle et si tu trahis l’alliance, tu seras traité comme ces animaux. Ici, Dieu seul passe entre les morceaux, tandis qu’Abraham est saisi d’une torpeur mystique : un brasier ardent et une torche, l’alliance reposera donc essentiellement sur la fidélité de Dieu ; un peu comme Moïse verra un buisson ardent qui brûle sans se consumer, lors de la révélation du Nom divin « Je Suis, c’est Moi ».

Fidélité de Dieu à l’alliance, évoquons quelques harmoniques : « le Sang de l’alliance », nous l’entendons au cœur de chaque Messe, ce ne sont plus des quartiers d’animaux.. et déjà avant, les derniers versets du Magnificat, lorsque l’âme de Marie jubile aux premiers jours de l’Incarnation : « il se souvient de sa miséricorde, de la promesse faite à Abraham et à sa descendance à jamais ». La Mère de Dieu pressent déjà ce que ce sera en son Fils, que la fidélité de Dieu à l’Alliance.

C’est donc cela que nous avons dans l’Évangile de la Transfiguration : la fidélité de Dieu à l’alliance. Avec Moïse et Elie, la Loi et les Prophètes, c’est tout l’Ancien Testament ; avec Pierre, Jean et Jacques, les colonnes de l’Église comme les appelle saint Paul après sa conversion, c’est le Nouveau Testament ; et Jésus en gloire, Médiateur de l’alliance nouvelle et éternelle. Telle est la gloire de la fidélité de Dieu à son alliance: vainqueur de toute iniquité, il enlève sur lui les péchés du monde, malgré l’ingratitude des hommes, et ainsi les justifie dans sa justice, c’est-à-dire en mettant le comble à la mesure sans mesure de son amour. A l’Heure où il passait de ce monde à son Père, Jésus, qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin.

Pourquoi donc Jésus a-t-il montré aux Apôtres choisis entre tous, la gloire qu’il avait auprès de Dieu avant que le monde fut ? Gloire qu’il méritera, par la Passion, de faire resplendir dans sa résurrection et ainsi de la partager à tous ceux qui regarderont vers lui avec foi ? Précisément pour essayer de conjurer en eux le scandale de la Croix lorsque l’Heure sera venue. C’est d’ailleurs bien dans cette perspective que saint Pierre, dans sa deuxième Lettre, rappelle la Transfiguration : pour soutenir l’espérance des Chrétiens persécutés dès les premières années de l’Église. Par la Croix, à la Gloire ; nous aurons part à la résurrection, nous qui aurons tenus dans les épreuves.

Et nous ? Deuxième Dimanche de Carême, nous faisons profession de renoncer à satan et de suivre le Christ jusqu’à la mort, pour avoir part aussi avec lui dans la vie éternelle : notre courage est ranimé par la gloire anticipée qu’il fait resplendir dans le mystère de sa Transfiguration. Mais nous sommes aussi en 2025 : Année Sainte que le Souverain Pontife a dédiée à l’Espérance. Dans la Bulle d’indiction, il explique pourquoi nous gardons l’espérance malgré les ténèbres qui couvrent le monde et même l’Église : parce que Jésus est toujours avec nous, et il est ressuscité ; autrement dit, il est fidèle malgré nos offenses, et il est fiable même si nous mourons. Mais le Pape François a publié simultanément une Lettre Apostolique, « Dilexit Nos » il nous a aimés jusqu’au bout, pour les 350 ans des apparitions du Sacré-Coeur à Paray-le-Monial, que nous célébrons aussi cette année.

Catholiques et Français, nous ne pouvons donc pas faire l’économie d’une énorme remise en cause. « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi. Ecoutez-le ! ». Est-ce que nous écoutons Jésus Christ ? Ben ouais, nous sommes entrés en Carême, quand même... Le Christ a fait alliance avec les Francs, et l’Histoire nous montre depuis, 1500 ans d’une ascension de la France dans le chœur des Nations : toutes regardent vers elle avec une sorte de joie, même encore jusqu’à il y a peu, malgré tout ; mais lorsque nous avons aboli le droit divin pour proclamer le peuple souverain, ce fut la plongée vers les abysses. « Le peuple souverain », cela n’a jamais été vrai : c’est le mensonge infernal de la magie noire ; et le peuple, flatté, ne veut plus rien voir, et il est même prêt à tout accepter.

Pourtant, le Sacré-Cœur est revenu à la charge plusieurs fois depuis sainte Marguerite-Marie.

Après le refus du Président Poincaré en 1917, … c’est la Grande Guerre,

il s’est même tourné vers la Pologne à la fin des années 30, confiant à sainte Faustine cet avertissement : « l’humanité ne trouvera pas la paix, sinon en recourant à ma divine miséricorde »… c’est la Deuxième Guerre mondiale.

2025, deuxième Dimanche de Carême, le Père fait retentir sa voix : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : Ecoutez-le ! »… c’est... Nan, rien.

10 mars 2025

Révélation publique et révélations privées - Le Saint Siège et Maria Valtorta

 

 

Après le bref communiqué de Rome sur les écrits de Maria Valtorta le 22 février dernier, on découvre sur le site du Saint Siège, que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (anciennement Sacrée Congrégation), vient de publier un certain nombre de communiqués sur des révélations privées. Le discernement est classique, et le maître-mot est évidemment que rien ne remplace la Révélation publique, garantie par la Tradition et le Magistère. Ce qui laisse entier et légitime dans l'Eglise, la sainte émulation du partage fraternel dans la vie spirituelle, pour nous entraider à aller toujours plus avant dans l'accueil du don de Dieu et la réponse à la grâce de notre engagement chrétien. Le Peuple de Dieu, hiérarchiquement constitué, chemine au milieu des hommes, à travers ombres et lumières vers la Patrie.
 

Sachant que l'ennemi s'en servirait pour éloigner encore les gens de la source d'Eau vive qu'est Jésus Christ, Verbe incarné et Rédempteur, il faut surtout remarquer que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi ne dit pas de ne pas lire; au contraire, il dit explicitement qu'on peut proposer ces écrits comme "des formes simplement littéraires", puisqu'il affirme qu'ils "ne peuvent être retenus comme étant d'origine surnaturelle". On est donc enfin débarrassé de cette "interdiction par le Saint Office" qu'on nous serine à temps et à contre-temps, alors que Paul VI avait pourtant expliqué la suppression de l'Index dans les années 60: la confiance désormais accordée par l'Eglise à la maturité chrétienne des fidèles, pour discerner dans ce qu'ils lisent, ce qui les aide ou pas, chacun, dans dans leur intelligence de la foi. Comme il est archi-évident que personne ne pense à remplacer les Quatre Évangiles canoniques, sauf quelques hypothétiques âmes faibles ou dérangées dès lors recadrées, il n'y a pas de restriction de la part de l'Eglise. Merci beaucoup à ceux qui ont cru nuire!
 

Ceci dit, tandis que Pie XII avait bien dit de publier tel quel sans commentaire ni nom d'auteur: "ceux qui liront comprendront"; une fois de plus et croyant bien faire, les "hommes" qui se sont occupés de la publication de l'Oeuvre, dès le début, ont préféré leur perception de ce qui était à faire au mieux des intérêts de Dieu, au lieu de lui obéir avec confiance, dans la crainte filiale; provoquant les déboires à n'en plus finir.. Comme l'antique tentation : "Dieu a dit.. mais pas du tout.." On lui refuse toujours ce qu'il demande et on prétend lui offrir d'autres splendeurs qu'il a en horreur, blessé au plus profond par notre manque de confiance. On pourra visionner à ce propos la vidéo mise en ligne par la chaîne YT de La Parole qui donne la vie éternelle.

Car une question qui n'est pas de notre ressort direct, se pose tout de même: c'est le refus systématique par l'Eglise, de présenter et de relayer, au moins par des laïcs compétents et croyants, des merveilles que Jésus Christ a d'avance prépositionnées pour notre temps. Comme un dialogue qu'il aurait préparé, avec les esprits rationalistes perclus des dernières technologies scientifiques les plus pointues, afin de se faire reconnaître d'eux, au bout de leurs instruments d'analyse dont ils sont si fiers; et si possible les amener ainsi à l'humilité de la foi qui les sauverait. Citons pêle-mêle: le Saint Suaire de Turin, évidemment, l'objet scientifique le plus étudié au monde; le manteau de Juan Diego de Guadaloupe; le miracle du soleil à Fatima le 13 octobre 1917, lui-même annoncé par les trois enfants des mois d'avance, avec précision de la date et de l'heure qui se sont avérées exactes; ainsi que les faits de Loublande dans un autre registre, qu'il faudra bien aborder, peut-être pour le centenaire de l'Encylique Quas Primas de Pie XI, à la croisée de l'existence de l'homme en société, et de la Providence divine dans l'Histoire du genre humain.

A cet égard, et pour ce qui concerne l'Evangile tel qu'il m'a été révélé et les Cahiers de Maria Valtorta, il est hallucinant d'évoquer le sujet dans un simple communiqué de même pas dix lignes, qu'on ne trouve pas sur le site du Saint Siège en Français, puisqu'il n'a été publié qu'en trois langues (Anglais, Espagnol, Italien). On regrette un peu, pour tout dire, le temps de la Sacré Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avec les Déclarations signées Joseph Card. Ratzinger, après présentation au Pape jean Paul II qui en a ordonné la publication! Car la "nouvelle évangélisation" était peut-être là? et toujours encore là? mais bien tard...