19 avril 2021

"Ils produisirent de faux témoins."


L'arrestation et le procès d'Etienne, font suite à ce que rapporte la Passion de Jésus. C'est le même mystère d'iniquité, que nous vivons encore de nos jours. Or la clé en est le mensonge.. Menteur et homicide depuis le commencement, avait dénoncé le Christ pour nous mettre en garde.

Nous comprenons alors que l'enjeu est de proclamer la vérité, en croyant qu'elle triomphe déjà par ce seul fait de retentir encore: c'est la gloire du martyre. Mais sa victoire se répand aussi en rédemption et salut pour le monde.

Voilà pourquoi Jésus affirme: l'oeuvre de Dieu, c'est de croire. "Bien que ce soit de nuit", comme le chante S. Jean de la Croix.


Le mot de mon ami, le curé du Puy, avec son aimable autorisation

 

18 avril 2021

 "La conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés."

On ne prend pas garde que la déclaration d'amour qui a converti saint Paul est la parole renversante qui lui reproche le mal qu'il fait: au lieu de l'anéantir, le Seigneur Jésus lui demande "pourquoi me persécutes-tu?". Et saint Paul se relèvera en proclamant enthousiaste: il m'a aimé et s'est livré pour moi. 

Prédicateurs ultra-contemporains de l'amour de Dieu, nous pourrions essayer: ce ne sont pas les péchés qui manquent en ce moment.



Le mot de mon ami, le curé du Puy, avec son autorisation

17 avril 2021

 "C'était déjà les ténèbres et Jésus n'avait pas encore rejoint les disciples."

Rapprochement significatif de l'Evangile, Jésus marchant sur la mer et sauvant les disciples, avec cette sentence des Apôtres: il n'est pas bon que nous délaissions le Parole de Dieu pour servir aux tables.. En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. 

Pour les temps de crise universelle comme sont les nôtres, c'est l'enfoncement dans la foi en ce qu'elle a de plus surnaturel qui est l'attitude juste, l'enjeu et le grand défi: car c'est dans la prière que Jésus vient à nous proclamant son Nom divin "C'est moi" et nous n'avons plus peur.


Le mot de mon ami, le curé du Puy, avec son aimable autorisation

 

16 avril 2021

"Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu."

 Cette parole de Gamaliel, fait froid dans le dos. On sait qu'il n'aura finalement pas été écouté longtemps. Mais quand on voit ensuite le destin d'Israël en tant que peuple, on reste sans voix, on n'ose plus penser.

Une sorte de réplique à cette autre parole, dans un dialogue qui fut toujours dramatique: nous en avons assez de cette nourriture de misère, à propos de la manne au désert, le pain des anges, figure de l'Eucharistie à venir, qu'évoque pour nous la multiplication des pains par Jésus, dans un endroit désert où il y avait pourtant beaucoup d'herbe.

Mais qu'en sera-t-il alors des peuples de notre temps, pour la plupart baptisés dans la nouvelle Alliance? Les accents redoutables de la Lettre aux Hébreux pourront-ils susciter la conversion qui nous épargnerait? Mais qui les relaiera?


Le mot de mon ami, le curé du Puy, avec son aimable autorisation


15 avril 2021

 "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes."


Les "procédures canoniques" récemment annoncées nous rappellent opportunément qu'il y a des lois et des tribunaux dans l'Eglise. Il est certain qu'en en retrouvant l'usage on luttera contre les abus de pouvoir qui sont, à ce qu'on dit, la matrice des abus tout court.

Depuis 2002, la IIIa editio typica du Missel Romain dit de Paul VI n'est toujours pas traduite en français. Bientôt vingt ans, et encore rien. Vers qui se tourner pour faire cesser ce scandale? Pour avoir une idée du préjudice subi, je découvrais justement aujourd'hui, à la feria quinta après le deuxième Dimanche de Pâques, cette oraison de la Messe:

"Deus, qui pro salute mundi sacrificium paschale effecisti, propitiare supplicationibus populi tui, ut interpellans pro nobis Christus Pontifex noster, nos per id quod nostri est similis reconciliet, per id quod tibi est aequalis absolvat. Per Dominum."

Et je n'y reconnaissais ni de près ni de loin l'oraison que je venais de réciter dans la Liturgie des Heures. Je croyais celle-ci semblable à celle de la Messe. Je suis donc allé voir dans le Missel en français, encore en usage en attendant mieux, l'oraison de la messe du Jeudi de la deuxième semaine de Pâques:

"Accorde-nous, Dieu très bon, de voir fructifier tout au long de notre vie les grâces que nous offre le temps pascal. Par Jésus Christ."

En fait de déperdition doctrinale, spirituelle et littéraire, "y'a pas photo": pas de sacrifice pascal pour le salut du monde, pas de supplications du peuple, pas de Christ grand Prêtre qui intercède pour nous, pas de réconciliation par sa sainte humanité, pas d'absolution par sa divinité; juste voir fructifier tout au long de notre vie les grâces du temps pascal.

On voudrait pousser les gens vers la forme extraordinaire afin d'échapper à une telle déconstruction, qu'on ne s'y prendrait pas autrement!


Le mot de mon ami, le curé du Puy, hier et aujourd'hui, avec son aimable autorisation

 

13 avril 2021

 "Nul n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel."


En nous faisant lire les même lectures avant et après Pâques, la Liturgie nous enseigne la dimension pascale de toute la vie chrétienne: nous avons tout, nous sommes sauvés et déjà ressuscités.. en espérance. Réellement, mais la possession définitive et plénière n'est pas encore là: on peut encore tout perdre. La Croix n'est pas dépassable ici-bas: il faut mener le combat de la foi jusqu'au bout pour être couronné.



Le mot de mon ami, le curé du Puy, avec son aimable autorisation

 

12 avril 2021

"Etends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges."


 On entend mal une telle prière dans les bouches des chrétiens contemporains: il s'agit pourtant de la prière des Apôtres et des Chrétiens au tout début de l'évangélisation du monde. L'enjeu, c'est de pouvoir "parler avec assurance" comme ils le disent juste avant. 

Nous sommes trop rationnalistes, peut-être, et trop imbus de l'arrogance du monde que nous partageons, pour envisager qu'il nous soit bon de prier de même? Ou alors, nous considérons que nous sommes désormais les protagonistes, tandis que les Personnes divines et la cour céleste nous regardent avec émerveillement dans l'arène du siècle?

Pourtant le mandat est clair: tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre, donc allez! Et moi, Je Suis avec vous jusqu'à la fin du monde. La grande tentation, pour ne pas dire le mal chronique, c'est, selon l'expression du pape Benoît XVI puis pape émérite: une église autosuffisante et autoréférentielle.. sans doute parce qu'elle a perdu le goût du sacerdoce ministériel comme d'abord sacrificiel dans la personne du Christ Tête.


Le mot de mon ami, le curé du Puy, avec son aimable autorisation