16 mars 2025

Dimanche II Carême C

 


La Parole de Dieu, ce Dimanche, est un véritable festin, même si ce qui est dit dans la première lecture est peu ragoûtant : ces carcasses d’animaux fraîchement tués, desquelles il faut déjà éloigner les vautours ! Nous sommes aux premiers chapitres de la Genèse : on avait l’histoire de la Création, et commence maintenant l’histoire du salut et de la perdition. Dieu dit à un homme : « va-t-en de là, sors, et je te dirai où aller » ; et suscitant un écho dans le cœur de cet homme, il fait alliance avec lui et sa descendance.

Le procédé est quelque peu archaïque, c’est la Genèse ! Voici comment cela se passait : les contractants sacrifiaient des animaux, puis ils passaient l’un après l’autre entre les morceaux sanguinolents. L’alliance était claire : entre nous, c’est à la vie et à la mort, nous sommes du même sang ; avec une menace non voilée : si tu n’es pas fidèle et si tu trahis l’alliance, tu seras traité comme ces animaux. Ici, Dieu seul passe entre les morceaux, tandis qu’Abraham est saisi d’une torpeur mystique : un brasier ardent et une torche, l’alliance reposera donc essentiellement sur la fidélité de Dieu ; un peu comme Moïse verra un buisson ardent qui brûle sans se consumer, lors de la révélation du Nom divin « Je Suis, c’est Moi ».

Fidélité de Dieu à l’alliance, évoquons quelques harmoniques : « le Sang de l’alliance », nous l’entendons au cœur de chaque Messe, ce ne sont plus des quartiers d’animaux.. et déjà avant, les derniers versets du Magnificat, lorsque l’âme de Marie jubile aux premiers jours de l’Incarnation : « il se souvient de sa miséricorde, de la promesse faite à Abraham et à sa descendance à jamais ». La Mère de Dieu pressent déjà ce que ce sera en son Fils, que la fidélité de Dieu à l’Alliance.

C’est donc cela que nous avons dans l’Évangile de la Transfiguration : la fidélité de Dieu à l’alliance. Avec Moïse et Elie, la Loi et les Prophètes, c’est tout l’Ancien Testament ; avec Pierre, Jean et Jacques, les colonnes de l’Église comme les appelle saint Paul après sa conversion, c’est le Nouveau Testament ; et Jésus en gloire, Médiateur de l’alliance nouvelle et éternelle. Telle est la gloire de la fidélité de Dieu à son alliance: vainqueur de toute iniquité, il enlève sur lui les péchés du monde, malgré l’ingratitude des hommes, et ainsi les justifie dans sa justice, c’est-à-dire en mettant le comble à la mesure sans mesure de son amour. A l’Heure où il passait de ce monde à son Père, Jésus, qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin.

Pourquoi donc Jésus a-t-il montré aux Apôtres choisis entre tous, la gloire qu’il avait auprès de Dieu avant que le monde fut ? Gloire qu’il méritera, par la Passion, de faire resplendir dans sa résurrection et ainsi de la partager à tous ceux qui regarderont vers lui avec foi ? Précisément pour essayer de conjurer en eux le scandale de la Croix lorsque l’Heure sera venue. C’est d’ailleurs bien dans cette perspective que saint Pierre, dans sa deuxième Lettre, rappelle la Transfiguration : pour soutenir l’espérance des Chrétiens persécutés dès les premières années de l’Église. Par la Croix, à la Gloire ; nous aurons part à la résurrection, nous qui aurons tenus dans les épreuves.

Et nous ? Deuxième Dimanche de Carême, nous faisons profession de renoncer à satan et de suivre le Christ jusqu’à la mort, pour avoir part aussi avec lui dans la vie éternelle : notre courage est ranimé par la gloire anticipée qu’il fait resplendir dans le mystère de sa Transfiguration. Mais nous sommes aussi en 2025 : Année Sainte que le Souverain Pontife a dédiée à l’Espérance. Dans la Bulle d’indiction, il explique pourquoi nous gardons l’espérance malgré les ténèbres qui couvrent le monde et même l’Église : parce que Jésus est toujours avec nous, et il est ressuscité ; autrement dit, il est fidèle malgré nos offenses, et il est fiable même si nous mourons. Mais le Pape François a publié simultanément une Lettre Apostolique, « Dilexit Nos » il nous a aimés jusqu’au bout, pour les 350 ans des apparitions du Sacré-Coeur à Paray-le-Monial, que nous célébrons aussi cette année.

Catholiques et Français, nous ne pouvons donc pas faire l’économie d’une énorme remise en cause. « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi. Ecoutez-le ! ». Est-ce que nous écoutons Jésus Christ ? Ben ouais, nous sommes entrés en Carême, quand même... Le Christ a fait alliance avec les Francs, et l’Histoire nous montre depuis, 1500 ans d’une ascension de la France dans le chœur des Nations : toutes regardent vers elle avec une sorte de joie, même encore jusqu’à il y a peu, malgré tout ; mais lorsque nous avons aboli le droit divin pour proclamer le peuple souverain, ce fut la plongée vers les abysses. « Le peuple souverain », cela n’a jamais été vrai : c’est le mensonge infernal de la magie noire ; et le peuple, flatté, ne veut plus rien voir, et il est même prêt à tout accepter.

Pourtant, le Sacré-Cœur est revenu à la charge plusieurs fois depuis sainte Marguerite-Marie.

Après le refus du Président Poincaré en 1917, … c’est la Grande Guerre,

il s’est même tourné vers la Pologne à la fin des années 30, confiant à sainte Faustine cet avertissement : « l’humanité ne trouvera pas la paix, sinon en recourant à ma divine miséricorde »… c’est la Deuxième Guerre mondiale.

2025, deuxième Dimanche de Carême, le Père fait retentir sa voix : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : Ecoutez-le ! »… c’est... Nan, rien.

10 mars 2025

Révélation publique et révélations privées - Le Saint Siège et Maria Valtorta

 

 

Après le bref communiqué de Rome sur les écrits de Maria Valtorta le 22 février dernier, on découvre sur le site du Saint Siège, que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (anciennement Sacrée Congrégation), vient de publier un certain nombre de communiqués sur des révélations privées. Le discernement est classique, et le maître-mot est évidemment que rien ne remplace la Révélation publique, garantie par la Tradition et le Magistère. Ce qui laisse entier et légitime dans l'Eglise, la sainte émulation du partage fraternel dans la vie spirituelle, pour nous entraider à aller toujours plus avant dans l'accueil du don de Dieu et la réponse à la grâce de notre engagement chrétien. Le Peuple de Dieu, hiérarchiquement constitué, chemine au milieu des hommes, à travers ombres et lumières vers la Patrie.
 

Sachant que l'ennemi s'en servirait pour éloigner encore les gens de la source d'Eau vive qu'est Jésus Christ, Verbe incarné et Rédempteur, il faut surtout remarquer que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi ne dit pas de ne pas lire; au contraire, il dit explicitement qu'on peut proposer ces écrits comme "des formes simplement littéraires", puisqu'il affirme qu'ils "ne peuvent être retenus comme étant d'origine surnaturelle". On est donc enfin débarrassé de cette "interdiction par le Saint Office" qu'on nous serine à temps et à contre-temps, alors que Paul VI avait pourtant expliqué la suppression de l'Index dans les années 60: la confiance désormais accordée par l'Eglise à la maturité chrétienne des fidèles, pour discerner dans ce qu'ils lisent, ce qui les aide ou pas, chacun, dans dans leur intelligence de la foi. Comme il est archi-évident que personne ne pense à remplacer les Quatre Évangiles canoniques, sauf quelques hypothétiques âmes faibles ou dérangées dès lors recadrées, il n'y a pas de restriction de la part de l'Eglise. Merci beaucoup à ceux qui ont cru nuire!
 

Ceci dit, tandis que Pie XII avait bien dit de publier tel quel sans commentaire ni nom d'auteur: "ceux qui liront comprendront"; une fois de plus et croyant bien faire, les "hommes" qui se sont occupés de la publication de l'Oeuvre, dès le début, ont préféré leur perception de ce qui était à faire au mieux des intérêts de Dieu, au lieu de lui obéir avec confiance, dans la crainte filiale; provoquant les déboires à n'en plus finir.. Comme l'antique tentation : "Dieu a dit.. mais pas du tout.." On lui refuse toujours ce qu'il demande et on prétend lui offrir d'autres splendeurs qu'il a en horreur, blessé au plus profond par notre manque de confiance. On pourra visionner à ce propos la vidéo mise en ligne par la chaîne YT de La Parole qui donne la vie éternelle.

Car une question qui n'est pas de notre ressort direct, se pose tout de même: c'est le refus systématique par l'Eglise, de présenter et de relayer, au moins par des laïcs compétents et croyants, des merveilles que Jésus Christ a d'avance prépositionnées pour notre temps. Comme un dialogue qu'il aurait préparé, avec les esprits rationalistes perclus des dernières technologies scientifiques les plus pointues, afin de se faire reconnaître d'eux, au bout de leurs instruments d'analyse dont ils sont si fiers; et si possible les amener ainsi à l'humilité de la foi qui les sauverait. Citons pêle-mêle: le Saint Suaire de Turin, évidemment, l'objet scientifique le plus étudié au monde; le manteau de Juan Diego de Guadaloupe; le miracle du soleil à Fatima le 13 octobre 1917, lui-même annoncé par les trois enfants des mois d'avance, avec précision de la date et de l'heure qui se sont avérées exactes; ainsi que les faits de Loublande dans un autre registre, qu'il faudra bien aborder, peut-être pour le centenaire de l'Encylique Quas Primas de Pie XI, à la croisée de l'existence de l'homme en société, et de la Providence divine dans l'Histoire du genre humain.

A cet égard, et pour ce qui concerne l'Evangile tel qu'il m'a été révélé et les Cahiers de Maria Valtorta, il est hallucinant d'évoquer le sujet dans un simple communiqué de même pas dix lignes, qu'on ne trouve pas sur le site du Saint Siège en Français, puisqu'il n'a été publié qu'en trois langues (Anglais, Espagnol, Italien). On regrette un peu, pour tout dire, le temps de la Sacré Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avec les Déclarations signées Joseph Card. Ratzinger, après présentation au Pape jean Paul II qui en a ordonné la publication! Car la "nouvelle évangélisation" était peut-être là? et toujours encore là? mais bien tard...

09 mars 2025

Dimanche I de Carême C

Le Fils de Dieu est venu pour détruire les œuvres du diable (1Jn 3, 8):
ne soyons pas étonnés de ce qu'il va se passer.
 


Sans surprise, l’Évangile des tentations de Jésus au désert.. et, pour le dire tout de go, la même impression de relative mise en scène : le diable, déjà ; et puis surtout Jésus Christ dont nous savons qu’il était Dieu ; alors l’affaire devrait se régler en deux temps trois mouvements, c’est le cas de le dire. Pour mieux saisir le sérieux gravissime de l’affaire, il faut repenser à ce que dit saint Jean dans sa Première Lettre : « le Fils de Dieu est venu pour détruire les œuvres du diable ». Ce que nous chanterons dans la joie de Pâques : duel prodigieux de la Mort et de la Vie ; par sa mort il a détruit la mort, et nous donne la vie même de Dieu, la vie éternelle, déjà commencée ici-bas dans la foi, l’espérance, la charité et toute la vie sacramentelle. Nous l’affirmons aussi dans le Credo : « pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l’Esprit Saint il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme ».

Pouvons-nous dès lors, nous arrêter ne serait-ce que quelques secondes pour réfléchir à ceci : c’est dans sa sainte Humanité, que le Seigneur a affronté le diable ; c’est dans son intelligence d’homme, semblable à la nôtre, qu’il a encaissé et arrêté sur lui comme sur un bouclier, tous les mensonges de l’adversaire ; c’est dans sa mémoire d’homme, semblable à la nôtre, qu’il a gardé comme l’ultime trésor, la conscience de son identité de Fils bien-aimé du Père ; c’est dans sa volonté d’homme, semblable à la nôtre, qu’il a maintenu la résolution à mort de rester fidèle à Dieu son Père. C’est ainsi qu’il a pris sur lui toutes les tentations qui sont les nôtres, et a vaincu le diable, pour que nous puissions désormais triompher nous aussi dans la tentation ; en attendant d’enlever tous nos péchés sur lui-même, comme on porte un fardeau, celui de la Croix, afin que nous en soyons déliés, rachetés, et ainsi pardonnés et libérés.

Première tentation. C’est celle du peuple, des gens, de la France qui se lève tôt et qui travaille, pour ne pas dire celle des gueux : « que cette pierre devienne un pain ! » Quelqu’un se demandait il y a quelque temps : que faudra-t-il pour que les Français bougent ? Et un autre lui répondait : tant qu’il y a aura quelque chose dans le frigo, les Français ne bougeront pas ! Pour sûr, entre les aides de l’État et les amendes à 135 €, on arrive encore à s’en sortir, mais ça devient de plus en plus difficile. Mais enfin, mes enfants, ce qu’on appelle faussement les monnaies fiduciaires, ne sont en réalité que des lignes de chiffres dans une feuille de calcul sur des ordinateurs : finalement bien moins fiables que les cryptos qui elles, sont codifiées sur la blockchain…

Le Fils de Dieu est venu pour détruire les œuvres du diable : ne soyons pas étonnés de ce qu’il va se passer.


Deuxième tentation, « il l’emmena un peu plus haut ». C’est celle des puissants sur le devant de la scène ou dans les coulisses, des riches, des forts, aussi des militaires et de ceux qui portent les armes. Celle de ceux qui se servent de l’argent pour arriver au pouvoir, et du pouvoir pour augmenter leur argent. Vous savez, le fameux pantouflage au vu et au su de tous. « Tout cela m’appartient, et je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer ». Et ils le font ! Devant les caméras et sans mystère ; les symboles sans équivoque ; sans vergogne, les regards complices dans le dos des enfants.

Ceux-là nous ont fait en quelques dizaines d’années une législation fondamentalement contraire à chacun des Dix Commandements, à commencer par le Premier : tu adoreras le Seigneur ton Dieu et lui-seul, dont plus personne n’a cure au plan public, pas même nous, les cathos ; les mêmes qui nous ont pillés au point que nous voilà endettés pour des milliers de milliards d’euros pendant des générations ; encore et toujours les mêmes, que nous remettons aux affaires après que le Seigneur nous en a débarrassés et une et deux et trois fois ! Comme aux chaises musicales, mais là ce n’est pas un qui s’en va à chaque tour, c’est deux maroquins qu’on rajoute, oui, les portes-feuilles de ministres. Et ils sont revenus non pas pour rendre des comptes et dire où est passé l’argent, mais apparemment pour s’en prendre surtout à notre épargne : financer la guerre ou l’union, c’est un peu la même chose.

Mais comment donc ? Mais simplement par ces incantations citoyennes qui tétanisent notre intelligence et neutralisent notre volonté, en une infernale magie noire, et nous n’en gardons aucun souvenir sinon la fierté d’avoir fait barrage ! Pourrions-nous enfin regarder les faits, et ne plus écouter les mots à la c.. de dupes ? Tenez, célébrations d’ouverture et de fermeture des J.O : ah, magnifique, l’art comptant pour rien ; un peu osé tout de même ? Mais on a osé, puisque c’est le culte sanguinaire imposé à tous. Tout de même, on n’est plus en chrétienté, on ne va pas revenir à l’Inquisition.. Par contre, le scandale absolu, c’est qu’un de ces tout nouveaux dirigeants catholiques outre-atlantique, exhibe une croix de cendres sur son front, Mercredi dernier lors d’un discours officiel. Ah lala, c'est ça qu'on trouve lamentable.

Le Fils de Dieu est venu pour détruire les œuvres du diable : ne soyons pas étonnés de ce qu’il va se passer.


Troisième tentation. « Il l’emmena au Temple ». C’est l’apothéose, le premier ordre de la société, le clergé, le haut clergé, disons carrément l’Église, pasteurs et fidèles. Et là, le diable se sert de la Parole de Dieu comme tentation ! De fait, nous sommes gavés de la Parole de Dieu, tandis que plus personne ne lit le Catéchisme : le dernier exégète auto-proclamé exige la rectification des traductions tous les dix ans, parce que le mot grec n’est pas exactement l’hébreu, qui lui-même ne correspond plus du tout à ce que le français signifie aujourd’hui ; tandis que la doctrine s’estompe dans le flou. Jésus repousse cette tentation par ces mots: « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ! » Il y a plus de cent ans : pour avoir la paix, il faut dire le chapelet chaque jour ; et nous faisons des rencontres et des colloques pour la paix. Justement, 1925-2025, la Vierge Marie explique à Lucie que pour établir le culte de son Cœur immaculé et hâter le Royaume du Christ sur la terre, il faut répandre la dévotion des Cinq premiers Samedi du mois : des associations de fidèles s’en sont emparées un peu partout dans le monde et les grands sanctuaires mariaux ; mais la Hiérarchie ne semble pas vraiment concernée. Ne serait-ce que là, aujourd’hui : on fait des marches et des veillées de prière dans les diocèses pour avoir des vocations ; et lorsque des jeunes gens, improbables, se donnent au Seigneur, rentrent au séminaire et sont finalement ordonnés jeunes prêtres, il y en a un plein vivier à cinq minutes de chez moi, on n’en veut pas ! Et c’est moi, l’ancien, qu’on sollicite à remonter sur les planches pour que le spectacle continue !

Le Fils de Dieu est venu pour détruire les œuvres du diable : ne soyons pas étonnés de ce qu’il va se passer.


Il reste deux lignes à l’Evangile : vous permettez que je termine ? Merci. « Ayant ainsi épuisé toutes les tentations, le diable s’éloigna jusqu’au temps fixé » Inquiétant ! Qu’est-ce ?.. Mais sûrement, Gethsémanie ! Jésus l’affirme, alors que la Passion vient de commencer : « voici qu’il vient le prince de ce monde. Sur moi il n’a aucun pouvoir, mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père m’a commandé ». Ouf, j’avais peur qu’il s’agisse de nous ! Mais allons-nous le laisser seul ? Au contraire, deuxième lecture : « si tu crois dans ton cœur que Jésus est Seigneur, si ta bouche proclame que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. » Tout le Carême est une préparation au renouvellement de nos promesses baptismales, en même temps que nos chers Catéchumènes seront Baptisés, Confirmés, et Eucharistiés au cours de la Vigile pascale. Or les promesses baptismales se déroulent en deux temps, incontournables, non interchangeables, et inséparables. Premier temps : renoncez-vous au mal ? Renoncez-vous au péché ? Renoncez-vous à satan qui est l’auteur du péché ? Deuxième temps : croyez-vous en Dieu le Père tout-puissant ? Croyez-vous en Jésus Christ son Fils, notre Seigneur ? Croyez-vous en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, jusque dans la vie éternelle ? Amen.

Le Fils de Dieu est venu pour détruire les œuvre du diable : ne soyons pas étonnés de ce qu’il va se passer. Amène !


05 septembre 2024

Dimanche XV après la Pentecôte - Loublande

 


Il est touchant de voir le Seigneur entrer familièrement dans nos conversations : si l’un de vous vient à tomber, aidez-le à se relever, en pensant que vous-mêmes pouvez être tentés ; aidez-vous les uns les autres à porter le poids de cette vie, car chacun de vous a son fardeau. Plus inquiétant, par contre, cet avertissement de l’Apôtre : ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu ; on récolte toujours ce que l’on a semé. Il nous faut donc battre notre coulpe, et tout d’abord nous-mêmes, c’est à dire la sainte Église.

Nous n’insisterons pas sur les apparitions de Notre Dame à Fatima, dont nous avons parlé récemment, sinon pour cette réflexion de la Vierge Marie : il le fera, mais comme pour le roi de France, ce sera tard. Car la même année 1917, comme pour le roi de France, le président de la république reçoit par Claire Ferchaud la demande du Christ de mettre son Sacré Cœur sur le drapeau : la France sera alors grand vainqueur de la Guerre, et redeviendra en peu de temps la première Nation du monde. Poincaré ne tient pas sa promesse, au moins, d’en parler au Parlement ; Claire lui écrit : vous avez reculé devant des lâches, et vous ne considérez pas Dieu qui a son éternité pour punir. On ne se moque pas de Dieu. La petite communauté est donc fondée pour expier ce nouvel affront, mais en 1920 tout est interdit par le Saint Office : la politique s’en est mêlée. Monte alors la Promesse inouïe de la Messe Perpétuelle, encore empêchée par l’archevêque du lieu, mais redoutable perspective : je régnerai malgré eux. On ne se moque pas de Dieu.

Dans les années 40, Jésus s’adresse à son Vicaire, Pie XII, par Maria Valtorta à qui il a inspiré l’oeuvre monumentale de l’Evangile tel qu’il m’a été révélé, et de nombreuses dictées plus énormes les unes que les autres : j’ai donné cette Oeuvre, pour une nouvelle évangélisation, tandis que s’avance vers toi et vers la Chrétienté tout entière, le dragon ; afin que grandisse la connaissance de ce que je suis, car sans moi, les gens de ce temps-là ne pourront tenir. Pie XII recommande que l’on publie l’oeuvre sans état de son origine céleste ou non : ceux qui liront comprendront. Dès la mort du Pape, l’Oeuvre est mise à l’Index ; et à la suppression de celui-ci dans les années 60, l’Evangile tel qu’il m’a été révélé reste plombé par cette marque. Des années plus tard, la nouvelle évangélisation lancée par saint Jean Paul II absorbera les forces vives de l’Église avec les fruits que l’on sait : à ces grands rassemblements, les Jeunes étaient super contents ; on n’a pas trop regardé ce qui se passait sous les tentes, mais ils ont fait une sacrée expérience de Dieu ; on ne les voit pas à la messe le Dimanche, mais ils préparent déjà le prochain rassemblement. On ne se moque pas de Dieu.

Fin des années 80, début des années 90, en réponse au défi amical du Pape, la communauté scientifique mondiale conclut à l’authenticité du Saint Suaire de Turin. Au symposium de Paris, puis de Rome, la centaine de scientifiques représentant nos sciences les plus pointues, sollicitées par l’Homme du Linceul depuis plus d’un siècle, ovationne à l’unanimité, y compris ceux qui avaient commis la datation foireuse au Carbone 14, la conclusion mise en forme par Arnaud Aaron Upinsky : cet objet ne peut scientifiquement pas être autre chose que le linge vu par Pierre et Jean dans le tombeau vide le matin de Pâques. Et il noue ainsi la gerbe de toutes les autres preuves : l’Impression-Retrait-Sans-Contact du Corps de Jésus de Nazareth ; il a quitté le linceul sans aucune trace de corruption, et sans que les fibrilles du tissu et les taches de sang ne soient tirées. Le Saint Suaire est donc la relique de la Passion du Christ par ses blessures et le sang qui coulait alors qu’il était encore vivant ; de sa Mort, par le sang sorti de la plaie de son côté quand il était déjà mort ; et par l’I.R.S.C. de ce que les Evangiles et l’Église appellent depuis deux mille ans, sa Résurrection. Mais depuis quarante ans, on en est encore au Carbone 14 et à cette icône bouleversante qui nous montre jusqu’où peut aller l’amour pour le prochain. On ne se moque pas de Dieu.

XXI° siècle, 2021, tentatives renouvelées de réduire puis interdire définitivement la Sainte Messe promulguée par saint Pie V à perpétuité, couverte par la Bulle Quo Primum Tempore, et protégée par l’indignation de Dieu tout-puissant et des Apôtres saint Pierre et saint Paul. Pendant ce temps-là, l’humanité succombe dans l’esclavage des grands prédateurs mondiaux, et les institutions ecclésiastiques elles-mêmes s’effondrent dans la corruption de leurs propres abus. On ne se moque pas de Dieu.

Pour ce qui est de la France, évoquons simplement tous ces musulmans, venus à l’origine pour travailler, et que le regroupement familial a durablement implantés : au lieu de leur partager aussi les richesses spirituelles de notre patrimoine et de la connaissance inouïe de Jésus Christ depuis cinquante ans, nous les avons repoussés vers les pires d’entre eux. Et nous avons maintenant des couteaux fous qui se répandent partout en cherchant où est le bar. On ne se moque pas de Dieu. Mais que dire, de cette remarquable moralisation de la vie économique, 1973 ; qui était donc au pouvoir ? Il n’est pas juste que l’État emprunte, auprès de ses propres citoyens, l’agent qui lui permettra de mener les grands projets qui développeront le pays et amélioreront la condition de tous, car étant finalement son propre argentier, il serait tenté d’augmenter toujours ses dépenses. Il faut désormais qu’il emprunte l’argent auprès des banques, dans une saine régularisation de la concurrence de tous. Les 3000 milliards de dette publique à ce jour, sont donc aux mains de banksters étrangers et de leurs actionnaires et autres clients, qui n’auront aucun état d’âme à venir se servir au titre de leurs créances, le moment venu ; et ne manquent pas, en attendant, de peser sur les décisions et autres processus sociaux et politiques à leur profit, soyons en sûrs. On ne se moque pas de Dieu.

Or justement, l’Evangile de la résurrection du fils de la veuve de Naïm, nous indique clairement ce qu’il va se passer. Jésus Christ, de sa propre initiative, personne ne lui a rien demandé, arrête le cortège funèbre. Il interpelle le mort : jeune homme, je te le dis, lève-toi ! Et le mort revient à la vie, et il le rendit à sa mère. Elle est donc accessible depuis bien longtemps, cette immortalité que fait miroiter le Nouvel Ordre Mondial dans son délire pour mieux aveugler ses proies. L’un d’eux était interrogé par un journaliste : pensez-vous que Dieu existe ? Réponse glaçante de l’autre : pas encore, mais nous y serons bientôt ! La Résurrection du Christ il y a 2000 ans, est promise aussi à ceux qui croient et persévèrent jusqu’à la fin dans la bienheureuse espérance, gratuitement et sans rien payer. Maintenant, c’est donc par une intervention souveraine et puissante, gagné de pitié pour tous les malheureux, ces petits du Seigneur comme les appelle la Bible, que Jésus Christ va chasser les méchants de son Royaume, et éradiquer les impies de la terre. Curieusement, on ne l’envisageait plus, alors que c’est l’enseignement constant de la Révélation, dans Ancien et le Nouveau Testament, et pratiquement à toutes les pages. Ceux qui se croient éternels et tout-puissants vont disparaître vers leur châtiment ; le Seigneur vient libérer les siens, et faire toutes choses nouvelles, car le monde d’avant s’en est allé. Il couronnera ainsi l’intercession glorieuse du Cœur immaculé de sa Mère, en instaurant son Royaume. On ne se moque pas de Dieu.

04 septembre 2024

Messe votive le Samedi en l'honneur de la Vierge Marie - Loublande

 

L’Evangile que nous venons d’entendre nous invite à nous arrêter quelques instants sur le pivot de la vie spirituelle de chacun d’entre nous, qui est aussi la croix des faits de Loublande : comment conjuguer la fidélité absolue à ce que nous recevons du Ciel, avec l’abandon et la confiance, la docilité, qui est au-delà de l’obéissance héroïque, un consentement de tout l’être ?

C’est ce que nous voyons en Claire. Elle est totalement fidèle à ce qu’elle reçoit d’En-Haut, au point de dire, à propos des prêtres qui passent : aucun d’entre eux ne peut être Apôtre de l’Agneau ; ils sont trop humains, et dans l’esprit du monde. Et à propos des petites Sœurs dans les début de la Communauté : comme elles sont imparfaites ! Et elle se voue à leur formation. Elle s’abandonne à la volonté de Dieu, et c’est l’obéissance héroïque, et c’est le consentement de tout l’être à l’enfouissement, à l’enterrement, pour une résurrection.

C’est ce que nous voyons aussi en sainte Jeanne d’Arc : la mission reçue du Ciel, c’est de mener le roi se faire sacrer à Reims. Envers et contre tout : mission accomplie ! Alors ses Voix lui disent : nous serons toujours avec toi, désormais prends tout en gré, c’est-à-dire consens à tout. Et c’est l’arrestation à Compiègne, puis vendue par les Bourguignons aux Anglais, ensuite l’emprisonnement et le procès. Alors qu’elle toise de bien haut ses juges ecclésiastiques, dont le Cardinal d’Angleterre, voici qu’elle faiblit une fois, reconnaissant que ce n’était peut-être pas ses Voix. Rentrée dans son cachot, ses Voix lui disent : qu’as-tu fait ?! Alors elle se reprend, et à la sessions suivante du procès, qui sera dès lors la dernière, elle dit que cet aveu lui a été extorqué et que oui, tout est du Ciel. Ses juges alors exultent : la voilà relapse, elle est revenue à son erreur, ils vont pouvoir la brûler. Réhabilitée quelques années après, puis béatifiée et canonisée au XX° siècle, elle est patronne secondaire de la France.

Saint Joseph : il est en présence de la Mère de Dieu et du Verbe incarné ; mais c’est lui qui exerce l’autorité dans la Sainte Famille. Ce n’est pas l’Enfant qui dit : Maman, dis-lui qu’on doit partir ! C’est lui qui reçoit d’En-Haut l’avis qu’il faut fuir, et la nuit-même il prend l’Enfant et sa Mère et se retire en Egypte, sauvant le Trésor de Dieu et de notre Rédemption. C’est lui encore qui discerne, après que le Ciel lui ait fait savoir la mort d’Hérode, qu’il vaut mieux s’éloigner du pouvoir central politique et religieux : ils retournent donc à Nazareth, en Galilée.

La Vierge Marie à l’Annonciation : la voici devenue à l’instant la Mère de Dieu. Que voyons-nous alors ? Non pas : je suis la Mère de Dieu, donc voici mes instructions, premièrement, deuxièmement, troisièmement, vous pouvez disposer. Mais : je suis la servante du Seigneur, que tout se fasse pour moi selon ta parole.

Le Verbe incarné : pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du Ciel ; par l’Esprit Saint il a prit chair, non pas dans, mais de la Vierge Marie et s’est fait homme. C’est elle qui lui tisse sa sainte Humanité de sa propre substance et façonne doucement le petit Cœur, qui à un moment commence à battre, le Cœur Sacré de Jésus ; nourri ensuite du lait de son sein, comme on vient de l’entendre, pour qu’il grandisse et se développe jusqu’à sa stature d’Homme.

Et dans sa Passion, lui qui avait enseigné, si on te frappe sur la joue droite, tends encore l’autre ; lorsqu’il reçoit la gifle du soldat : c’est ainsi que tu parles au grand Prêtre! Il fait d’abord la vérité : si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? Et seulement ensuite, il se livre à nos coups et à nos crachats, au procès devant Pilate et à la flagellation, à la Croix, puis à l’abîme : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? et plus profond encore : Père, entre tes mains je remets mon esprit. Et finalement : tout est accompli. Pourquoi dit-il : tout est accompli ? Parce que c’est là : la sublime adoration, la profonde action de grâces, l’intégrale expiation, l’irrésistible imploration.

Au fait, j’allais oublier : à la communauté des petites Soeurs, on récite chaque matin les Litanies de la Providence ; dont le refrain n’est pas : Mon Dieu faites que ceci, mon Dieu faites que cela ; mais : Providence de Dieu... secourez-nous, Providence de Dieu... secourez-nous, Providence de Dieu... secourez-nous.

Messe votive le Vendredi en l'honneur du Sacré Coeur de Jésus - Loublande

 

 

Nous célébrons aujourd'hui la messe en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus. L’épître nous invite à sonder la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de cet amour du Christ qui surpasse pourtant toute connaissance. Spontanément nous pensons à l'infini de l'amour de Dieu, puisque le Christ est vrai Dieu ; alors qu'il s'agit de la charité qui est dans son cœur humain, dans son Âme avec une intelligence, une mémoire, une volonté, et de son Corps avec ses mains et ses pieds, en tout semblable aux nôtres, sauf le péché justement. Et pour cela nous allons nous arrêter quelques instants sur l'invocation Cœur Sacré de Jésus broyé à cause de nos péchés ayez pitié de nous ; et non pas comme on le dit souvent et plus superficiellement : broyé par nos péchés. Un peu comme on représente le Cœur immaculé de Notre-Dame à Fatima, entouré d'épines et chaque épine est une offense au Cœur immaculée de Marie qu'un acte de réparation n'a pas enlevé. Ainsi le Sacré-Cœur de Jésus serait-il broyé par nos péchés ; un peu comme s'ils se cristallisaient en deux meules avec la chair du Cœur du Christ broyé entre ces pierres toujours en mouvement.

En réalité les choses sont plus profondes que cela, et la formule de Claire Ferchaud est merveilleuse de précision théologique: certes nos péchés sont chacun une offense qui touche le Cœur de Jésus, mais ils provoquent en son Cœur un effet sans commune mesure avec ce qu'ils sont en eux-mêmes. Ils maintiennent le Cœur de Jésus comme une fournaise incandescente qui brasse continuellement son amour et sa souffrance. Car s'il n'aimait pas ces hommes pécheurs, peut-être bientôt endurcis mais pas encore, les péchés par eux-mêmes ne suscitent pas l'amour mais la colère, la justice et le châtiment: de sorte qu'à strictement parler, le Cœur Sacré de Jésus n'est pas broyé par nos péchés mais à cause de nos péchés, par son Amour et par sa Souffrance qu'il offre pour les péchés passés, présents et futurs en réparation ; et il s'offre encore lui-même en Personne pour être notre expiation, lorsqu’il voit tous ceux qui rendront vaine pour eux sa Passion.

On peut essayer de le comprendre en pensant à la Compassion bienheureuse du Cœur immaculé de Marie : indicible consolation, mais que le diable en cet instant lui transforme en ultime tentation. Elle souffre parce qu'elle l'aime et lui en est profondément consolé : maman au moins, sait et comprends ! Mais l'adversaire porte de nouveaux coups : non seulement ta passion ne servira pas au plus grand nombre, mais tu n'as même pas pu préserver ta Mère d'une si horrible souffrance; d'ailleurs pourquoi souffre-t-elle ? à cause de ta folle prétention à te dire le Fils de Dieu et le Rédempteur du genre humain. Arrête tout ça et descend de la Croix, va la consoler, fils indigne. Mais s'il n'y avait pas nos péchés, ces deux Cœurs seraient comme un seul cœur dans la béatitude de la plénitude de grâce qui leur est commune, dans l’Effusion de l’Esprit Saint sur le Verbe incarné et la Mère de Dieu. Cœur Sacré de Jésus broyé à cause de nos péchés, ayez pitié de nous !

D'autant qu'on sait, depuis, que le cœur peut être brisé par l'excès des angoisses et de la souffrance. De sorte que le Cœur Sacré de Jésus était déjà béant dans sa poitrine, lorsque le soldat lui ouvrit le côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu rend témoignage et celui-là sait qu'il dit vrai. Ce que confirme le grand cri lorsque Jésus meurt: ce n'est donc pas le coup de lance qui a ouvert le Cœur du Christ, mais son trop grand amour et l'excès de sa souffrance.

20240829 : Décollation de saint Jean Baptiste - Loublande

 Chapelle inachevée de la Forteresse du Mont Valérien


L’Evangile que nous venons d’entendre nous montre toute l’abjection du pouvoir, jusqu’à l’écœurement, jusqu’au découragement. Mais ce n’est pas cela qu’il faut regarder : il faut lever les yeux vers les réalités qui surplombent ces turpitudes. Nous retiendrons ici à Loublande, bien sûr, « Voici l’Agneau de Dieu » par quoi saint Jean Baptiste désigne le Christ, le Verbe incarné au milieu de nous, en même temps qu’il se présente lui-même, car il est le Précurseur. Il est mort pour la droiture de sa parole, en témoignage à la Lumière, puisque Jésus est né, est venu dans le monde pour une seule chose : rendre témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité, écoute sa voix.

Saint Jean Baptiste est décapité dans son cachot sans revoir le jour, mais en réalité il était déjà passé tout en Dieu bien avant. Nous lisons en effet au chapitre 3 de l’Evangile selon saint Jean, que certains disciples du Baptiste, alors que les meilleurs étaient partis derrière Jésus, viennent lui dire : voici qu’il baptise aussi, et tous vont à lui ; bien que Jésus ne baptise pas lui-même, mais seulement ses apôtres. Alors saint Jean Baptiste leur répond : aucun homme ne peut s’attribuer ce qu’il n’a pas reçu d’en-haut. Vous-mêmes m’êtes témoins que j’ai dit : je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui. Celui qui a l’épouse, est l’Epoux ; et l’ami de l’époux qui se tient là et qui entend sa voix, est ravi de joie. Telle est ma joie, et elle est parfaite : il faut que lui grandisse et que moi, je diminue.

Oserons-nous le parallèle avec la Vierge Marie, tellement au-delà du Baptiste, lorsqu’au pied de la Croix, il semble que Jésus qui va mourir, anéantisse sa Maternité divine en lui disant : Femme voici ton fils, en visant saint Jean. Elle consent, et dans une douleur indicible, sa Maternité divine se prolonge alors en maternité universelle : Mère de Dieu, Mère du Christ, mère de l’Église, mère des pasteurs, mère des fidèles, mère de tous ceux qui seront sauvés par la Croix de son Fils, de génération en génération. Elle qui avait enfanté sans douleur par le privilège de sa Virginité perpétuelle, la Tête, Jésus Christ, enfante là le Corps tout entier de l’Église, dans une souffrance telle qu’elle est la reine des Martyrs, et en vérité co-rédemptrice, dans cette participation unique à la Passion du Seigneur.

Chacun pourra s’essayer à voir dans une telle plénitude de grâces, le reflet de ce que fut la souffrance de Claire, qui a porté d’avance, dans le Cœur Sacré de Jésus broyé à cause de nos péchés, tout ce que serait la promesse inouïe de la Messe Perpétuelle ; tandis qu’elle se tient sous un Ciel d’airain que rien ne pourra plus ouvrir, sinon la descente sur les Rinfilières, de la sublime adoration, de la profonde action de grâces, de l’intégrale expiation, de l’irrésistible imploration. Non pas une œuvre par laquelle nous allons nous dédouaner devant Dieu de toutes les horreurs du monde et de la France et de l’Église, mais une Immensité qui se sera vécue en nous, et en Qui nous vivrons éternellement.