19 février 2026

Les Deux Voies - Jeudi après les Cendres


Les chrétiens anonymes de Rahner, c’est une piste intéressante, mais surtout partielle et périphérique, qui avance en « terre inconnue » puisqu’il s’agit des « voies extraordinaires » et « d’une manière que Dieu connaît ».. et non pas nous ; pour lesquelles l’Église n’a ni dépôt sacré ni mandat. Or cette piste s’est substituée peu à peu à la doctrine catholique dans son ensemble. Comment est-ce possible ? Entre autres par l’abstraction, qui vide la parole de son contenu concret, et permet à l’intelligence de jongler brillamment et sans contrainte, éventuellement avec des retournements dialectiques séduisants, puisqu’on est dans l’hypothèse et non dans la réalité.

C’est typiquement le cas devant « les deux voies » qui étaient le thème des Lectures en ce Jeudi après les Cendres. Spontanément, tout le monde se porte sur le choix (subjectif) que nous avons à faire, et non pas sur le contenu (objectif) des deux voies entre lesquelles choisir. Quand on lit le texte, il y a certes l’exhortation à choisir, mais il y a surtout le contenu du bien à faire : obéir aux commandements de Dieu, aimer le Seigneur de toutes ses forces ; suivre Jésus Verbe incarné qui marche vers sa Passion, prendre chacun sa croix et persévérer jusqu’à la fin, pour entrer par lui, avec lui et en lui dans l’éternité bienheureuse, que lui seul rend accessible. Mais ce n’est pas de cela que l’on parle.

On exhorte à choisir le bien et à refuser le mal, formels et abstraits (impératif moral de Kant). Mais concrètement, personne ne choisit la mort, et tout le monde choisit la vie : celui qui choisit la discothèque tous les soirs choisit la vie, et l’église le Dimanche c’est la mort qu’il ne choisit pas. S. Thomas le disait avec toute la pensée classique: le mal n’est délectable que sous l’angle d’un certain bien. Mais pourquoi alors s’épuiser en ces exhortations formelles ? Justement, et là est l’horreur : il faut que les gueux se soumettent et obéissent, quel que soit le bien et la vie qu’on leur fourgue de gré ou de force (l’Evangile ou le tri des déchets c’est du pareil au même), l’essentiel est d’obéir et de se soumettre, et de fait on interdit violemment tout écart comme étant un choix de mort (sketch des Inconnus, bien ! pas bien ! en conditionnement pavlovien) ; pendant que la super-caste, elle, s’adonne aux transgressions les plus effrayantes.

Les néo-bolchéviques utilisent bien l’idéologie abstraite et immanente de la morale kantienne comme opium du peuple. Et l’Église, sans s’en rendre compte, en devient, depuis l’euphorie conciliaire, le vecteur avec tout le poids de son autorité qui vient d’En-Haut ; mais sans plus jamais tourner les regards vers le Ciel d’où nous attendons Celui qui vient, non plus comme Rédempteur, mais comme Législateur et Juge, dernière séquence de son Œuvre de Salut. La dimension d’avertissement et de dénonciation de ce qui conduit à la perdition éternelle, sont aussi essentiels à l’Evangile de Notre Seigneur Jésus-Christ que l’annonce de l’amour de Dieu et la mise en oeuvre de sa Miséricorde.

On ne peut plus ne pas savoir en 2026, que la super-caste exerce le culte de satan, contre qui le seul moyen de salut est le Christ et sa Mère. Il n’y a pas plus personnel et concret. Il n’y a pas plus urgent. Et c’est l’unique contenu de la mission apostolique. D’où l’importance décisive de l’établissement dans le monde de la dévotion au Cœur immaculé de Marie, demandé depuis plus de 100 ans : avec les promesses mirobolantes de salut temporel et éternel, les menaces terrifiantes et réelles, et surtout la simplicité désarmante de la réparation demandée.